• La ROSE-CROIX

    La Rose-Croix (Rose Tau) est un groupe particulier et très secret. Divisé en plusieurs groupes on y trouve aussi bien des catholiques que des laïcs mais aussi des juifs et des musulmans.

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Parfois sectaire, la ROSE-CROIX a été réformée plusieurs fois, A la fin du dix-neuvième siècle et au début du vingtième siècle vont se créer à nouveau plusieurs sociétés rosicruciennes sans aucun rapport aucun avec celles du 18ème siècle, dont L’ A.M.O.R.C.
Le groupe est divisé en plusieurs branches, plus ou moins authentiques, aussi il ne faut pas confondre la Rose-Croix (authentique) et les rosicruciens qui sont des imitateurs. La vraie Rose-Croix reste dans l’ombre et personne ne sait qui ils sont !

LA FONDATION

Les Rose-Croix appartiennent aux Hautes loges maçonniques. Cette partie (illuministe) dite « de droite » de la Franc-maçonnerie dirige la branche (rationaliste) dite « de gauche » : les Hautes Loges (à connotation religieuse et très traditionnelle) exercent une domination (par influence de cercles) sur les Basses Loges progressistes, laïcardes et très engagées dans la promotion de l’idéologie des droits de l’homme ou des fondements philosophiques de la doctrine de la liberté religieuse.

Le fonctionnement de ces cercles maçonniques présente une certaine complexité, mais quelques grands principes se dégagent, dont celui de ce rapport de domination des Hautes Loges traditionnelles sur les Basses Loges rationalistes. Les loges rationalistes accomplissent le SOLVE, alors que les loges traditionnelles illuministes réalisent le COAGULA qui le suit chronologiquement.

L’alchimiste Paracelse (1493-1541), dans son « Liber de resurrectione et corporum glorificatione » (1533), évoquait d’une manière particulière la transformation de l’homme : il combinait avec insistance les symboles de la Croix et de la Rose en les reliant à la transmutation alchimique et à la résurrection. Peut-être est-il le précurseur du symbole de la Rose-Croix.

Les historiens pensent que le mouvement « Rose-Croix » a commencé en 1608, sous l’impulsion du « Cénacle de Tübingen », composé de Johann Arndt (1555-1621), Johann Valentin Andreae (1586-1654), Christoph Besold, Tobias Hess (1558-1614), Abraham Hölzel, le pasteur Vischer et Wilhelm von Wense, intellectuels luthériens intéressés entre autres par l’alchimie. Ils formèrent le projet d’une nouvelle réforme, complémentaire de celles de Luther et Calvin qu’ils jugeaient insuffisantes.

La Rose-Croix est un ordre hermétiste chrétien légendaire, dont les premières mentions remontent au début du XVIIe siècle en Allemagne.

L’existence de l’ordre, et celle de son fondateur Christian Rosenkreutz, sont sujettes à controverse. Quoi qu’il en soit, à partir du XVIIIe siècle et jusqu’à aujourd’hui, de nombreux mouvements se sont réclamés de l’ordre de la Rose-Croix, ou se sont référés à la « tradition rosicrucienne » ou à l’« héritage de Christian Rose-Croix ». Leurs membres sont appelés les rosicruciens. Le terme « Rose-Croix » désigne, dans leur langage, un état de perfection spirituelle et morale. Comme archétype de société secrète, immémoriale et toute-puissante, les rose-croix apparaissent dans la littérature ésotérisante, souvent comme successeurs des chevaliers du Graal et des Templiers.

En 1614 sort à Kassel, en Allemagne, une lettre ouverte, intitulée « Fama Fraternitatis de l?ordre louable de la Croix de Rose », qui constitue le premier manifeste rosicrucien. Ce texte très court dont les principes plongent leurs racines à l?aube de l?humanité, propose une réforme universelle sensée résoudre le chaos européen. Cette science aurait été recueillie par un personnage mystérieux : Christian Rosenkreutz (Chrétien Rose-Croix). Ce texte est sans nom d?auteur, mais a probablement été écrit par Tobias Hess car on y retrouve des extraits de son livre « Theca gladii spiritus » (Le Fourreau de la gloire de l’esprit)… ou le nom « Christian Rosenkreutz » était remplacé par « Christian Cosmoxene ». (A noter que les écrits prétendûment trouvés dans la tombe de Rosenkreutz en 1604, selon ce livre, se rapportaient à l’alchimiste Paracelse … or Paracelse ne naîtra qu’en 1493 alors que Rozenkreutz est sensé être mort à l’âge de 106 ans en 1484).

En 1615, paraît un deuxième manifeste en Allemagne, à Kassel : la « Confessio Fraternitatis » (« Confession de la Fraternité R.C. mise à jour ») qui s?adresse aux hommes de science européens. Ce livre est prophétique et annonce la fin de l?ancien ordre (papauté, etc?). Il prétend que Rozenkreutz est né en 1378 et est signé « Philémon R.C. ». Mais Roland Edighoffer a montré qu’un passage entier est extrait presque mot pour mot du dernier volume des «Quatre livres du vrai christianisme» de Johan Arndt. Il serait en plus inspiré d’un ouvrage alchimique de John Dee (1527-1608): la « Monade Hieroglyphique » (1564).

Un an plus tard Johann Valentin Andrea publie un troisième ouvrage à Strasbourg, très différent des deux premiers : « Les Noces chimiques de Christian Rosenkreutz  » (Chymische Hochzeit). Il s?agit d?un roman initiatique et alchimique qui raconte l?histoire des noces d?un roi et d?une reine auxquelles est convié le vieux Christian Rosenkreutz.

Le jeune étudiant en théologie protestante (âgé de 19 ans), J. V. Andreae, qui est à l’origine de ce canular peut bien rire : il a pu faire avaler ses couleuvres à un esprit aussi cartésien que Descartes. Son livre a même influencé Leibitz et Goethe. D’une manière générale ces textes rosicruciens du Cercle de Tübïngen.puisent leurs idées à plusieurs courants : le Paracelcisme (Paracelse était un médecin alchimiste), le Joachisme (Johachim de Flore était un mystique occidental), le mysticisme rhénan de Maître Eckhart et l?Hermétisme de la Renaissance. Ce sont eux qui vont lancer le mythe de la Rose-Croix à travers l’Europe.

Profitant de cet engouement, de nombreuses sociétés groupées sous le nom de « Rose-Croix », ou inspirées par la Rose-Croix, apparaissent alors en Europe, surtout en Allemagne … mais elles n’avaient absolument aucun lien de filiation avec l’ancien Cercle de Tübingen :

  • Dans la 1ère moitier du 18ème siècle, la « Société Alchimique de Nuremberg » se réclame du rosicrucianisme. Selon certains auteurs, G. W. Leibniz (1646-1716) aurait été le secrétaire de cette société.
  • En 1710, Sincerus Renatus (Samuel Richter), un pasteur luthérien intéressé par l’alchimie, fonde « l’Ordre de la Rose-Croix d?or » à Nuremberg et à Ancone. Cet ordre ne recrute que parmi les Francs-maçons, et forme ainsi une certaine osmose entre le rosicrucisme et la franc-maçonnerie.
  • La franc maçonnerie, dite spéculative, d’essence philosophique, prendra forme officielle en 1717 avec la formation de la première loge (La grande loge de Londres) dans un « terreau » préparé par le Rosicrucianisme.

Il semble bien que cette Franc maçonnerie spéculative dérive de la Franc-maçonnerie opérative sous l’influence de l’idéal Rose-Croix. La notifications de statut dés 1390 atteste de l’existence en Ecosse de sociétés de batisseurs et de tailleurs de pierres organisés autour de code de valeurs.Ces bâtisseurs, se transmettant cet art, étaient exonérés de toutes charges, d’où le terme Free Mason (littéralement franc-maçon, franc signifiant libre en vieux français). Ils constituaient ainsi des sociétés de travailleurs totalement indépendantes : c’était la Franc-maçonnerie opérative.

  • Dès 1638, les relations entre francs-maçons et Rosicruciens étaient évoquées dans The Muses, un poème d’Adamson. En 1676, le Poor Robin’s Intelligence publia une notice indiquant que « l’Ancienne Fraternité de la Rose-Croix, les Adeptes de l’Hermétisme et de la Compagnie des Maçons Acceptés, ont décidé de dîner ensemble ». Ce lien sera encore souligné dans un article du Daily Journal de1730 qui indique :  » Il existe une Société à l’étranger, de laquelle les Francs-Maçons anglais ont copié quelques cérémonies, et s’efforcent de persuader le monde qu’ils en sont issus et lui sont identiques. On les appelle Rosicruciens. »
  • Vers 1757, Hermann Fictuld crée un rite maçonnique à tendance alchimique, composé d’un ensemble de grades rosicruciens : la Fraternité des Rose-Croix d’Or.(c’est la même année qu’apparait le grade de « Chevalier Rose-Croix » chez les Francs-maçons). De celle-ci sortira la loge des Trois Épées, puis, en 1776, l’Ordre de la Rose-Croix d’Or d’Ancien Système.
  • En 1767, Martinés de Pasqually (1727-1774) fonda l?ordre des chevaliers maçons Elus-Cohen de l?Univers. Louis Claude de Saint-Martin (1743 -1803), son secrétaire et disciple, participa à l?organisation de cet ordre qui influença l?ordre écossais rectifié. Disparu en 1780, l?ordre fut reconstitué en 1942 par des initiés maçons sous l?appellation d?ordre Martiniste des Elus-Cohen.
  • En 1778, Alexandre Cagliostro fonde en Hollande une loge d’un genre nouveau : un rite égyptien. Selon lui en effet les origines des Rose-Croix remonteraient à l?époque de l?ancienne Égypte … pourtant les plus grands égyptologues n?y ont jusqu?à ce jour trouvé aucune trace du symbole de la rose-croix, pour la bonne et simple raison qu?en ce temps là, la rose n?existait pas. Il s?agit d’une fleur hybride, venue de Chine en Europe vers les premiers siècles de l?ère chrétienne.

Ensuite, vont se créer à nouveau plusieurs sociétés rosicruciennes …

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