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Juliana Macedo do Nascimento est arrivée du Brésil aux États-Unis à l'âge de 14 ans et ici, aujourd'hui âgée de 40 ans, elle a construit toute sa vie d'adulte. Le programme d'action différée pour les arrivées d'enfants (DACA), créé en 2012 par le président de l'époque, Barack Obama, lui a donné l'espoir d'une stabilité et d'un avenir : il l'a protégée de l'expulsion et lui a accordé un permis de travail.

Aujourd’hui, 14 ans plus tard, le programme traverse l’une des périodes les plus incertaines de son histoire. L'administration du président Donald Trump a arrêté des centaines et expulsé des dizaines de destinataires et maintient que la DACA ne les protège pas contre l'expulsion.

Macedo, qui travaille actuellement comme militant pour les droits des immigrants chez United We Dream, a assuré que les soi-disant « rêveurs » étaient persécutés par le gouvernement.

La DACA a été créée grâce à une action exécutive visant à protéger contre l’expulsion les jeunes arrivés dans le pays alors qu’ils étaient enfants. Bien qu’il n’offre pas de voie vers la citoyenneté ou un statut d’immigration permanent, il leur permet d’obtenir des permis de travail et suspend temporairement les mesures d’expulsion.

Les registres les plus récents des services de citoyenneté et d'immigration (USCIS) montrent qu'en décembre 2025, il y avait 495 320 bénéficiaires actifs de DACA dans le pays. La plupart sont nés au Mexique, suivis du Guatemala et du Pérou.

La légalité du programme est contestée depuis des années. Lors du premier mandat de Trump, l'administration a tenté de mettre fin à la DACA, mais la Cour suprême a bloqué la mesure en 2020, estimant que la procédure utilisée était inadéquate.

Cependant, les litiges juridiques se sont poursuivis et en janvier 2025, un tribunal fédéral a de nouveau conclu que certaines parties du programme étaient illégales, tout en autorisant les bénéficiaires actuels à continuer de le renouveler pendant que l'affaire progressait vers un éventuel examen par la Cour suprême.

Entre janvier et novembre 2025, l'Immigration and Customs Enforcement (ICE) a arrêté 261 bénéficiaires du DACA et en a expulsé 86, selon les données du Department of Homeland Security (DHS) confirmées par les sénateurs démocrates Dick Durbin, Alex Padilla et Mark Kelly.

Sous l’administration Trump, le DHS maintient que la DACA ne protège pas contre l’expulsion et a demandé aux destinataires de « s’auto-expulser ». En avril, par ailleurs, la Commission des recours en matière d'immigration, la plus haute juridiction administrative en matière d'immigration, a conclu que le fait d'avoir le DACA ne suffisait pas pour arrêter une expulsion.

« Cette administration a adopté une approche différente de celle de son premier mandat », a expliqué Macedo. «La première fois, ils ont essayé de mettre fin brusquement au DACA et ont vu la réaction; « Cette fois, ils l'usent petit à petit. »

Selon le militant, le gouvernement a également supprimé l'accès des bénéficiaires du DACA à une couverture santé subventionnée par le biais de la loi sur les soins abordables et a promu des mesures visant à restreindre certaines aides publiques à l'éducation.

De plus, les délais de traitement pour renouveler le DACA se sont considérablement allongés. Des procédures qui étaient auparavant résolues en un ou deux mois peuvent désormais prendre entre 6 et 8 mois, selon Macedo. « Les gens perdent leur permis de travail, leur emploi, leur accès aux soins de santé et à leur protection contre l'expulsion », a-t-il déclaré.

Le député démocrate Jesús « Chuy » García a attribué cette incertitude à « l'absence d'action du Congrès pour approuver la réforme de l'immigration » et a rappelé dans des déclarations à EFE que les ménages bénéficiant de la DACA paient environ 9,5 milliards de dollars par an en impôts fédéraux et locaux.

De son côté, le président de l'organisation FWD.us, Todd Schulte, a averti dans un communiqué que le programme est « sous une attaque imminente » en raison du retard dans les renouvellements et de l'augmentation des arrestations, alors que le récent budget approuvé par le Congrès allouera des centaines de milliards de dollars à l'ICE et au contrôle des frontières.

La DACA a cessé d'accepter de nouvelles demandes en 2017 et n'autorise actuellement les renouvellements que pour ceux qui étaient déjà inscrits, tandis que son avenir reste dans l'attente des décisions de justice.