L’impulsion pour cette compilation du symbolisme maçonnique numismatique pendant la Révolution française provient d’un seul paragraphe de  James H. Billington « Le feu dans l’esprit des hommes: les origines de la foi révolutionnaire » (pp. 93, 537-8) :

Dans les premiers jours de la révolution française, la maçonnerie a fourni une grande partie de symbolisme et de rituel — À commencer par l'accueil maçonnique sous une "voûte d'épées" au Roi à l'Hôtel de Ville trois jours après la chute de la Bastille. Certes, la plupart des Maçons français avant la révolution n'étaient "pas des révolutionnaires, pas même des réformateurs, ni même des mécontents"; et même pendant la révolution, la maçonnerie, en tant que telle, demeura politiquement polymorphe : "Chaque élément social et chaque tendance politique pouvait "être maçonnique" comme il le souhaitait". Mais la maçonnerie a fourni un terrain de ravitaillement riche et relativement non traditionnelle pour de nouveaux symboles nationaux (pièces de monnaie, chansons, bannières...), de nouvelles formes d'adresse (tu, frère, vivat !), et de nouveaux modèles pour les organisations civiques, surtout en dehors de Paris.

L’article Karmin est la principale source de ce qui suit.

Sa méthodologie est simple: il a extrait un travail de référence numismatique standard et mis en évidence les exemples d’influence maçonnique —  moins d’illustrations, d’où la nécessité de mon propre traitement.

La preuve est claire et semble délibérée, même si l’on n’est pas tout à fait sûr si les artistes impliqués étaient en fait des Maçons eux-mêmes.

Avant que Karmin ne répertorie ses résultats numismatiques, il y a une introduction de dix pages sur les influences maçonniques en général. Des cris de ralliement, des chansons et des phrases distinctes apparaissent soudainement dans le discours révolutionnaire populaire qui peut remonter à la tradition maçonnique. L’École de Mars est également mentionnée, dont les uniformes ont été conçus par le célèbre artiste Jacques-Louis David, responsable de quelques-unes des images les plus emblématiques de la Révolution française. Karmin l’appelle d’un ton neutre « le franc-maçon David, » Mais le désaccord entre les historiens persiste (le professeur Albert Boime, cependant, a apparemment fourni des preuves dans l’affirmative, lors d’une conférence de 1989 intitulée « David contre David »).

David avait beaucoup d’étudiants. Le graveur Augustin Dupré était l’un d’eux. Il était ami avec Benjamin Franklin qui lui a passé commande pour graver la médaille célèbre de Libertas Americana en 1782/3. Dupré figure dans la liste de Karmin, ayant été le graveur des numéros 39, 423, 608, 613, 748 et ses doublons.

Le numéro 608 (1793) est assez intéressant. C’est une pièce représentant la Fête de l’Unité et de l’Indivisibilité du 10 août 1793, avec la « Fontaine de la Régénération » — la déesse égyptienne Isis — sur les ruines de la Bastille. David était responsable des détails du festival, tandis que son élève Dupré le commémorait.

Fête de l’Unité et de l’Indivisibilité

PIÈCES ET MÉDAILLONS

Triangle rayonnant

N39. Élection de Jean-Sylvain Bailly (un franc-maçon) en tant que maire de Paris; Déesse Liberté et bonnet phrygien, boussole, rouleau, etc.

N42. États généraux; Otto: Henning n’a pas remarqué l’inspiration maçonnique de cette pièce; Vous ne voyez pas seulement l’équerre et le compas, mais les deux colonnes maçonniques ‘Jachin et Boaz’ surmontés par le soleil et la lune. Il est vrai que ce dernier est très habilement représenté par une mitre d’évêque, placée un peu obliquement.

N68. Henning: « Un trophée astronomique composé d’un globe, d’un compas, d’une échelle, d’un quart de cercle, d’une équerre, d’un miroir et de lauriers. Au-dessus, la lune et le soleil. Otto: « Henning se trompait; Le miroir dont il parle est la poignée d’une truelle. Il est vrai que le miroir est aussi un symbole maçonnique, introduit par la «stricte observance» en 1782 ».

1790

N124. Pélican. Un symbole maçonnique commun habituellement réservé aux degrés Rosicrucien (comparer avec ce médaillon maçonnique).

N155. Triangle rayonnant

N172. Imagerie maçonnique sur la face et l’autre face; En particulier, remarquez l’équerre et le compas affichés de manière précise de la franc-maçonnerie. Les triangles à l’envers sont un mystère; Otto spécule que cela a pu être un sentiment anti-chrétien. La chouette de Minerve est présente aussi.

N184. Triangle rayonnant

1791

N282. Médaillon ‘Chiffones d’Arles’: pièce anti-révolutionnaire; Serpent mange sa queue (Ouroboros).

Catalogue de la collection Mayer: « Une société de royalistes, dans la ville d’Arles, s’assemblait chaque nuit, au début de la révolution, chez un homme nommé Giffon. Ce nom fut finalement corrompu en Chiffon, qui, dans le patois d’Arles, signifie un siphon. Dans le Tresor Numismatique, la plaque xxxi., Figure 9, est une médaille avec cette figure d’un siphon sur elle, et la légende, CHIFFONNE D’ARLES. La société fut dissoute par un décret de l’Assemblée législative, en 1792. »

N305. Médaillon d’or, très rare. Philippe-Frédéric de Dietrich (maçon et illuminati), premier maire de Strasbourg; Minerva. Face: un aigle, portant ses jeunes, en flèche vers le soleil.

1792

N370. Bonnet phrygien; Niveau

N374. Minerva assise, avec le niveau (sur une pierre angulaire, peut-être).

Presque identique à cette médaille maçonnique de la Loge «  Le Centre des Amis » en 1793, dont le Maître était l’illuminati Roëttiers de Montaleau.

N392. Ruche (symbole maçonnique de l’industrie utilisée au 3e degré); Soleil rayonnant avec un visage humain.

Très semblable à la médaille frappée en 1788 (ci-dessous), commémorant la société scientifique, le Cercle des Philadelphes, dont les fondateurs et la majorité de ses membres, étaient des Maçons et des anti-Mesmeristes. Mesmer lui-même, assez ironiquement, était un membre de l’occulte-maçonnique Philadelphes de Narbonne.

N 423, 424, 425. Le génie de la France, tenant le sceptre de la Raison (l’œil qui-voit-tout à son extrémité), gravant le mot Constitution sur une tablette, flanquée d’un bonnet phrygien et d’un triangle.

1793

N566. Liberté debout; À gauche, une colonne cassée et un grand œil brillant.

N579. Pélican rosicrucien

N604. Minerva tenant un niveau

N611. Arche avec la constitution, soutenue par des femmes égyptiennes et un Ouroboros.

1794

N630. Liberté Ailé tenant le niveau ; œil qui-voit-tout en haut d’une montagne, se référant aux Montagnards pendant la Terreur – à savoir, le totalitarisme panoptique du Comité de la Sécurité publique.

N636. Convention, Robespierre et Cécile Renault. Niveau.

1795

N681. Conseil des Cinq-Cents. Niveau.

1796

N748. Hercules, Liberté et Égalité. Niveau.

1797

N790. Niveau et Ouroboros.

N796. Non remarqué par Karmin, le médaillon est dédié au peintre Nicolas Poussin. Compas à l’intérieur d’un pentagramme (deux symboles maçonniques).

1799

N887. Esprit portant une carte dans sa main droite et l’équerre et le compas dans sa main gauche.

© Traduit par Ordo-Ab-Chao.fr

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