Les politiques d'immigration de l'administration du président américain Donald Trump éloignent plus d'électeurs du Parti républicain qu'elles ne parviennent à en attirer, selon une enquête publiée lundi.
A neuf mois des élections législatives de mi-mandat de novembre prochain, l'enquête menée par le cabinet Morris Predictive Insights indique que la hausse des expulsions et déploiement d'agents d'immigration dans les villes à majorité démocrate, cela a un « effet net négatif » parmi les républicains.
L'étude, réalisée entre le 6 et le 10 février, montre que 54% des électeurs qui ont soutenu Trump en 2024 et se déclarent désormais sympathisants des démocrates ou indécis déclarent que l'application de mesures anti-immigration les rend moins susceptibles de voter à nouveau pour les républicains.
Dans l'ensemble, 35 % des personnes interrogées estiment que les mesures d'immigration les rendent moins susceptibles de soutenir le parti de Trump, contre 26 % qui affirment le contraire.
Seuls 40 % approuvent la politique agressive d'expulsion du gouvernement, tandis que 57 % la désapprouvent.
Des chiffres similaires sont enregistrés concernant l'envoi d'agents du Service de l'immigration et des douanes (ICE) dans les villes du pays, 35 % d'entre eux déclarant que cela les éloigne du Parti républicain.
L'enquête reflète également une dégradation de l'image du parti de Trump : 51% des personnes interrogées déclarent le voir moins favorablement aujourd'hui qu'il y a un an, contre 17% qui déclarent avoir une opinion plus positive.
D’un autre côté, 69 % des personnes interrogées estiment que l’administration Trump accorde trop d’attention aux expulsions et pas assez aux problèmes tels que l’économie, l’inflation et l’augmentation du coût de la vie.
Cette perception est partagée par 87 % de ceux qui n’ont pas voté pour le républicain, 77 % des électeurs qui l’ont soutenu en 2024 et se déclarent désormais démocrates ou indécis, et par 32 % de ceux qui restent fidèles au président.
Les anciens électeurs de Trump qui ont abandonné le parti citent l'économie, le comportement et la rhétorique du président ainsi que le déploiement d'agents d'immigration dans les villes, entre autres préoccupations, comme principales raisons de leur changement de cap.
L'enquête a été menée sur un échantillon de 1 500 adultes dans tout le pays et avec une marge d'erreur de 2,5 points de pourcentage.
Ces résultats sont connus à la veille du discours sur l’état de l’Union que Trump prononcera mardi devant le Congrès, dans lequel il devrait défendre sa stratégie d’immigration dans un contexte d’inquiétude croissante des citoyens face à la situation économique et après l’arrêt de la Cour suprême qui invalide une grande partie des tarifs douaniers imposés par le président.
