Les Rites

Un Rite Maçonnique est un ensemble cohérent de Rituels et de pratiques Maçonniques.
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ORIGINE DES RITES MAÇONNIQUES

Au xvii siècle, les rituels maçonniques, beaucoup plus simples que ceux du siècle suivant, n’étaient pas censés être écrits et n’étaient jamais imprimés. Ils ne sont plus connus de nos jours que grâce à un très petit nombre de notes manuscrites ayant échappé à la règle et au temps, ainsi que par quelques anciennes divulgations. L’étude de ces documents montre qu’ils évoluèrent assez considérablement au fil du temps.

Au xviii siècle, après la réorganisation des pratiques consécutive à la fondation des premières Grandes Loges, les Ancients et les Moderns pratiquent de nouveau des rituels assez similaires, qui ne se distinguent que par un assez petit nombre de points remarquables, tels que la place de certains éléments symboliques, la manière de transmettre les mots de passe, ou une référence plus ou moins importante à la religion chrétienne.

Cependant, dès les années 1740, on voit apparaître de nouvelles divergences, à côté des rituels traditionnels des trois premiers degrés, sous la forme de plusieurs centaines de rituels de degrés additionnels dits de « hauts grades » dont beaucoup n’étaient que des variantes les uns des autres, ou restèrent à l’état de projets, ou ne furent en réalité jamais vraiment pratiqués. Cette multiplication des rituels maçonniques aboutit à diverses initiatives visant à normaliser les pratiques et à les rassembler en ensembles cohérents et stables : les rites maçonniques.

LISTE DE RITES MAÇONNIQUES

Les rites maçonniques aujourd’hui les plus répandus à travers le monde sont:

Tous les autres ont une diffusion beaucoup plus limitée. Beaucoup sont même désormais éteints.

  • le Rite des Anciens Devoirs
  • le Rite du Mot Maçon
  • le Rite standard d’Écosse
  • le Rite des Moderns
  • le Rite des Antients
  • le Rite d’adoption
  • le Rite suédois
  • le Rite du Royal Secret
  • le Rite de Misraïm
  • le Rite de Memphis
  • le Rite de Memphis-Misraïm
  • le Rite canadien
  • le Rite philosophique italien
  • le Rite opératif de Salomon
  • le Rite écossais primitif
  • le Rite écossais rectifié
  • le Rite Swedenborg
  • le Rite de Schroeder
  • la Stricte observance templière
  • les Ordres de Sagesse
  • le Rite des philalèthes

LE RITE D’YORK

Le Rite d’York est l’un des Rites Maçonniques les plus pratiqués aux États-Unis. On le retrouve très minoritairement en France.

HISTOIRE

Le développement du rite d’York coïncide avec l’expansion de la Grande Loge des Anciens au début du xviii siècle. Plus « christique », cette pratique rituelle sera même défendue par Laurence Dermott dans son Ahiman Rezon.

Si le rite d’York connaît sa genèse en Écosse, ce sont les francs-maçons irlandais qui contribueront à l’exporter en Amérique du Nord au xviii siècle et au début du xx siècle.

Il prend sa dénomination de rite américain par distinction avec le rite émulation qui se codifie lorsque les loges des Anciens et des Modernes s’unissent en 1813. Les États-Unis, absentes de l’union entre deux conceptions de la franc-maçonnerie qui voit le jour en Grande-Bretagne, gardent ainsi toute l’originalité et l’authenticité de ce rite. Les différences de rituel entre les Anciens et les Modernes n’étaient cependant que restreintes : inversion des mots sacrés, dispositions des lumières,… Le contenu symbolique des grades de compagnons et de maître étaient différents.

Le Rite d’York est particulièrement développé aux États-unis où ses loges s’interdisent toute discussion de sujets politiques, religieux ou de tout autre sujet controversé et ne revendiquent comme objectif que celui de l’amélioration de ses membres.

Il n’est pas rare aux États-Unis que le rite d’York soit pratiqué en binôme avec le Rite écossais ancien et accepté. Ce constat a encouragé la création en 1957 à Détroit du Collège du rite d’York afin de défendre le rite et d’en faire sa promotion.

DEGRÉS

Le rite américain York est divisé en de nombreux degrés regroupés en 5 catégories.

Première catégorie : loges bleues

  • 1. Apprenti
  • 2. Compagnon
  • 3. Maître

Deuxième catégorie : Chapitres – Arche Royale

  • 4. Maître de marque
  • 5. Passé maître virtuel
  • 6. Très excellent maître
  • 7. Maçon de l’arche royale

Les rituels de la Royal Arch aurait été codifiés en 1797 à Boston. Il prend sa symbolique sur l’Arche d’Alliance contenu dans le Temple de Salomon.

Troisième catégorie : Conseil – Maçons cryptiques

  • 8. Maître royal
  • 9. Maître choisi
  • 10. Super excellent maître

Les rituels du Conseil sont nettement plus modernes. On estime qu’ils sont codifiés au début du XIXe siècle. Conseil qui complète les degrés du chapitre sous la référence mythologoqique des cryptes de Temple de Salomon.

Quatrième catégorie : Commanderies – Chevaliers du Temple

  • 11. Chevalier de la Croix-Rouge
  • 12. Chevalier de Malte
  • 13. Chevalier du Temple

Les Commanderies ont une dimension davantage chrétienne que les Chapitres ou le Conseil. Elle passe du Temple de Salomon aux ordres Templiers.

Cinquième categorie : Bienfaisance – Ancient Arabic Order of the Nobles of the Mystic Shrine en abrégé A.A.O.N.M.S.

Accessible aux Maîtres maçons, les Shriners gèrent aux USA et au CANADA des hôpitaux pour enfants avec un dévouement remarquable. Ces hôpitaux sont aussi souvent des laboratoires et centres de recherches réputés pour maladies rares ou/invalidantes nécessitant des infrastructures et des compétences médicales de pointe. L’acteur John Wayne fut notamment un Shriner célèbre.

Catégorie « a cote » : ou Side Degrees ou Masonic Bodies

De nombreux autres degrés maçonniques non intégrés aux principaux systèmes ou catégories répertoriées ci-dessus sont agrégés ou partenaires de la maçonnerie officielle aux Etats-Unis, comme aussi parfois en Angleterre ainsi que dans les pays et territoires sous anciennes constitutions ou patentes US ou anglaise. Sans les citer tous car ils sont nombreux, on peut mentionner cependant,

  • Ordre de la Croix Rouge de Constantin
  • Ordre des Chevaliers Maçons

et citer les ordres apparentes qui reçoivent des femmes :

  • Ladies Oriental Shrine of North America
  • Daughters of the Nile
  • Order of the Eastern Star

et ceux qui reçoivent des enfants :

  • Grotto
  • Sciots
  • Order of the Amaranth
  • Daughter of Jericho

Il faut noter que certains degrés dits « de chaire » c’est-à-dire dont le titulaire a dirigé un atelier de l’une ou l’autre des catégories ci-dessus constituent souvent un ordre intérieur auquel ne sont reçus que ceux qui ont présidé. Ainsi en est-il des ordres intérieurs suivants :

  • Ordre de la Grande Prêtrise (Arche Royale)
  • Ordre de la Truelle d’Argent (Conseil cryptique)
  • Ordre des Chevaliers Prêtres du Temple (Commanderies)
  • Ordre de la Croix d’Honneur York ou Purple Cross (pour ceux qui ont dirigé des ateliers de tous les degrés du système).

Le chapitre de la Marque tel qu’il est pratiqué en France à la GLTSO et au GODF ne correspond pas au rite d’York, le grade d’Arche Royale y étant absent. Il s’agit de la Marque anglaise, et non pas des chapitres d’York tels qu’ils sont pratiqués en Ecosse ou aux Etats-Unis.

SPIRITUALITÉ

Le rite d’York s’appuie particulièrement sur la Bible et plus encore sur l’Ancien Testament. Le signe d’ordre est parfois précédé par la formule «Dieu Garde» selon les rituels.

La démarche initiatique, des loges bleues jusqu’au degré de Chevalier de la Croix-Rouge de Constantin, contenue dans le rite de York veut que le franc-maçon passe du Temple de Salomon (de l’Ancien Testament) qu’il rebâtit en recevant la gnose en vue d’un Temple à la portée plus christique que poursuit les Commanderies.

Le rite d’York est moins formalisé que le rite Émulation  lui aussi censé être appris par cœur. Les pratiques de ce rite peuvent ainsi sensiblement varier d’un état des Etats-Unis à l’autre.

LE RITE ÉMULATION

Le Rite Émulation ou Rite Anglais de Style Émulation ou Rite d’Union est un Rite Maçonnique.

HISTOIRE DU RITE

Son histoire est profondément inscrite dans celle de la Maçonnerie Anglaise. Ce rite, qui a été le symbole de la réconciliation des « Anciens » et des « Modernes », marque une transition entre la maçonnerie opérative et la maçonnerie spéculative.

Les plus anciens rituels ne sont pas parvenus jusqu’à nous. En effet, pour le maçon opératif toute allusion écrite ou dessinée aux secrets techniques du métier de l’art de bâtir ou aux modes de reconnaissance entre ouvriers était une sorte de violation du secret professionnel. La transmission ne pouvait et ne devait se faire qu’oralement. Lorsqu’elle se fit spéculative, la franc-Maçonnerie, dans ces rites d’initiation, conserva et aggrava même par l’adjonction de supplices symboliques toute transmission des secrets qui ne fût strictement orale.

En 1717, la première Grande Loge dite des « Moderns » a commencé à rassembler ce qui constituait l’essence du rite pratiqué jusqu’alors. À partir de 1752, les « Antients » contribuent à leur tour au travail des « Moderns » en apportant de substantielles modifications. Les deux courants, « Antients » et « Moderns » se rassemblent alors par l’Acte d’Union en 1813, constituant ainsi la Grande Loge unie d’Angleterre.

En 1823, un des fruits de cette union a été la création d’une loge d’instruction exclusivement réservée aux Maîtres : « Emulation Lodge of Improvement », qui a donné son nom au rite, créé dans version originale en anglais la même année. La mission de cette loge était de pratiquer le rituel dans sa plus grande rigueur afin de former les maitres des autres loges qui devaient à leur tour l’enseigner aux autres frères.

LE RITE ÉMULATION AUJOURD’HUI

Ce rite est pratiqué principalement par la Grande Loge unie d’Angleterre. Il est également utilisé, quoi que de manière plus minoritaire, dans de nombreux autres pays.

Arrivé en France avec les soldats alliés durant la grande guerre, il y est maintenant pratiqué principalement par la Grande Loge nationale française (GLNF), la Grande Loge traditionnelle et symbolique Opéra (GLTSO) et la Loge nationale française (LNF).

LES GRADES

Comme d’autres rites, le rite Émulation comporte trois grades au niveau des loges bleues :

  • 1er grade  : Apprenti
  • 2e grade : Compagnon
  • 3e grade : Maître

Il n’y a en revanche pas de « hauts grades » sur le rite émulation. C’est pourquoi de nombreux francs-maçons travaillant au rite émulation se tournent vers un atelier de la Grande Loge des Maîtres Maçons de Marque de France (GLMMMF) puis vers les chapitres de l’Arche royale qui sont le parfait et harmonieux complément du rite Émulation :

  • 4e grade : Maçon de la Marque
  • 5e grade : Passé Maître
  • 6e grade : Excellent Maître
  • 7e grade : Arc Royal

NB : S’il n’est pas un grade en soi, certains estiment que le statut de vénérable de la loge reste une étape déterminante. Preuve en est la cérémonie d’installation secrète du vénérable maître et le statut de « Passé Maître » de la Loge après le vénéralat.

LE RITE ÉCOSSAIS ANCIEN & ACCEPTÉ

Le Rite écossais ancien & accepté (REAA) est l’un des rites maçonniques les plus répandus dans le monde…

Fondé en 1801 à Charleston (États-Unis) sous l’impulsion des Frères John Mitchell et Frederic Dalcho, sur la base des Grandes Constitutions de 1786, attribuées à Frédéric II de Prusse. C’est à l’origine un rite qui ne comportait que des grades situés au-delà du grade de maître.

Bien qu’il soit composé de 33 grades, il est habituellement pratiqué dans le cadre de deux organismes complémentaires mais distincts :

  • une obédience maçonnique qui fédère des loges des trois premiers grades de la franc-maçonnerie ;
  • une « juridiction » de hauts grades maçonniques, dirigée par un « Suprême Conseil », qui regroupe des ateliers du 4e au 33e degré.

NAISSANCE DU RITE ÉCOSSAIS ANCIEN & ACCEPTÉ

Bien que les trente-trois degrés aient ainsi déjà été créés, le Rite écossais ancien et accepté ne fut constitué qu’avec la fondation du premier Suprême Conseil, le Suprême Conseil de la Juridiction Sud à Charleston, en mai 1801, sous l’impulsion de John Mitchell et Frederic Dalcho.

C’est avec des patentes de ce premier Suprême Conseil que furent progressivement constitués tous les autres Suprêmes Conseils du monde, comme:

  • le Suprême Conseil du 33e degré en France (nom exact de l’organisme à l’époque), en 1804.
  • le Suprême Conseil de la Juridiction Nord des États-Unis, en 1813.
  • le Suprême Conseil d’Angleterre et du Pays de Galles, en 1845.

ALBERT PIKE & LE REAA AUX ÉTATS-UNIS

Né à Boston, dans le Massachusetts, le 29 décembre 1809, Albert Pike est souvent considéré aux États-Unis comme étant l’homme qui fit le plus pour le succès du REAA, le faisant passer du stade de rite maçonnique assez obscur au milieu du xix siècle à la fraternité internationale qu’il est devenu. Pike reçut tous les grades du 4e au 32e de l’historien maçonnique américain Albert Mackey en mars 1853 à Charleston, Caroline du Sud et la même année fut nommé Inspecteur adjoint (Deputy Inspector) pour l’Arkansas.

À cette époque, les degrés étaient encore dans une forme rudimentaire et le plus souvent ne contenaient qu’une brève légende accompagnée de quelques détails, mais le plus souvent sans véritable rituel d’initiation. En 1855, le Suprême Conseil de la Juridiction Sud nomma un comité chargé de préparer des rituels complets du 4e au 32e degré. Ce comité fut composé de Albert G. Mackey, John H. Honour, W. S. Rockwell, C. Samory et Albert Pike, mais c’est Albert Pike qui fit l’essentiel du travail.

En mars 1858, Pike fut élu membre du Suprême Conseil de la Juridiction Sud des États-Unis et devint son Grand Commandeur en janvier 1859. La Guerre de Sécession interrompit son travail sur les rituels du Rite écossais. Après la guerre, il partit pour Washington et en 1868 il termina son travail de révision des rituels.

Pike écrivit aussi de conférences pour tous les degrés qu’il publia en 1871 sous le titre Morales et Dogme du Rite écossais ancien et accepté.

HISTOIRE DU REAA EN FRANCE

Le Rite Écossais Ancien et Accepté est apparu en France grâce au Frère Grasse-Tilly en 1804, alors qu’il revenait des « isles d’Amérique ». Il fonda le premier Suprême Conseil en France cette même année.

Un traité d’Union en décembre 1804 est signé entre le Grand Orient de France et le Suprême Conseil du 33e degré en France. Il est dit que Le Grand Orient unit à lui le Suprême Conseil de France. L’accord fut dans les faits appliqué jusqu’en 1814. Grâce à ce traité, le Grand Orient de France s’appropria le Rite Écossais Ancien et Accepté.

De 1805 à 1814 le Grand Orient de France administra les 18 premiers degrés du Rite, laissant au Suprême Conseil de France le soin d’administrer les 15 autres, du 19e au 33e. En 1815 cinq des dirigeants du Suprême Conseil fondèrent au Grand Orient de France le Suprême Conseil des Rites. Le premier Suprême Conseil en France tomba en sommeil de 1815 à 1821.

Le Suprême Conseil des Isles d’Amérique (fondé en 1802 par Grasse-Tilly, réveillé par Delahogue vers 1810) réveilla en 1821 le Suprême Conseil pour le 33e degré en France et ils fusionnèrent en une seule organisation : Le Suprême Conseil de France. Il s’érigea en puissance maçonnique indépendante et souveraine. Il créa des loges symboliques (celles qui sont composées des trois premiers degrés et qui se fédèrent normalement au sein d’une Grande Loge ou d’un Grand Orient).

En 1894, le Suprême Conseil de France créa la Grande Loge de France dont l’autonomie devint une complète indépendance en 1904 lorsque le Suprême Conseil de France renonça à délivrer les patentes constitutives des nouvelles loges. Le Suprême Conseil de France se considère cependant toujours comme gardien de la cohérence de l’ensemble des 33 degrés du Rite et les relations entre les deux structures restent étroites comme en témoignent les deux tenues communes qu’elles organisent chaque année.

En 1964, le Souverain Grand Commandeur Charles Riandey ainsi que 400 à 500 membres de la Juridiction du Suprême Conseil quitta le Suprême Conseil de France et rejoignit la Grande Loge nationale française en estimant que, du fait de sa démission et bien que le Suprême Conseil de France ait continué à travailler sans lui, il n’existait plus de Suprême Conseil en France. Il se fit ensuite ré-initier à Amsterdam aux 33 degrés du rite puis fonda avec l’appui du Suprême Conseil de la Juridiction Sud des États-Unis un nouveau Suprême Conseil, dénommé « Suprême Conseil Pour la France » , seul à être reconnu par les Suprêmes Conseils des États-Unis après avoir été désigné au Convent de Barranquilla (1970) comme seule autorité du Rite Écossais pour la France par le plus vieux Suprême Conseil du Monde : le Suprême Conseil de la Juridiction Sud des États-Unis.

La France se trouve ainsi l’un des rares pays où coexistent 3 Suprêmes Conseils légitimes :

  • Le Suprême Conseil de France (issu du Suprême Conseil de 1804 puis réveillé en 1821 par le Suprême Conseil dit des « Isles d’Amérique » fondé en 1802 à Saint-Domingue), souché sur laGrande Loge de France.
  • Le Suprême Conseil Grand Collège du Rite écossais ancien accepté (issu du Suprême Conseil de 1804, constitué en 1815), souché sur le Grand Orient de France.
  • Le Suprême Conseil pour la France (issu du Suprême Conseil des Pays-Bas, constitué en 1965), souché sur la Grande Loge nationale française.

LES 33 DEGRÉS DU REAA

Il n’existe pas en franc-maçonnerie de rang supérieur au troisième degré, celui de maître maçon. C’est un des principes fondamentaux de la « régularité maçonnique » que tous les maîtres maçons soient placés sur un pied d’égalité, sans considération de position sociale ou d’appartenance à d’autres degrés maçonniques. C’est pourquoi les degrés d’un numéro supérieur au troisième doivent être considérés comme des degrés d’instruction, ou de perfectionnement, et non pas comme des grades impliquant un pouvoir particulier et dont pourrait se prévaloir un maître maçon pour se prétendre supérieur aux autres.

Dans de nombreux pays, les trois premiers degrés peuvent être pratiqués à un autre rite que le REAA avant l’accès aux autres grades de celui-ci.

DEGRÉS DU REAA 
Degré N° Titre France Belgique Angleterre Jur. Nord
Apprenti Loge symbolique (dans certains pays, ces degrés sont pratiqués à un autre rite)
Compagnon
Maître
Maître Secret Loge de Perfection Chapitre Chapter Lodge of Perfection
Maître Parfait
Secrétaire Intime
Prévôt et Juge
Intendant des Bâtiments
Maître Élu des Neuf
10° Illustre Élu des Quinze
11° Sublime Chevalier Élu
12° Grand Maître Architecte
13° Chevalier de Royal Arche
14° Grand Élu Parfait et Sublime maçon ou Grand Élu de la Voûte Sacrée
15° Chevalier d’Orient ou de l’Épée Chapitre Council
16° Prince de Jérusalem
17° Chevalier d’Orient et d’Occident Chapter
18° Souverain Prince Chevalier Rose + Croix
19° Grand Pontife Aréopage ou Council Aréopage Supreme Council Consistory
20° Maître Ad Vitam
21° Chevalier Prussien
22° Prince du Liban
23° Chef du Tabernacle
24° Prince du Tabernacle
25° Chevalier du Serpent d’Airain
26° Prince de Mercy
27° Grand Commandeur du Temple
28° Chevalier du Soleil
29° Grand Ecossais de Saint-André d’Écosse
30° Chevalier Kadosh
31° Grand Inspecteur Inquisiteur Consistoire Consistoire
32° Sublime Prince du Royal Secret
33° Souverain Grand Inspecteur Général Conseil suprême Conseil suprême Supreme Council

EXCEPTIONS, PARTICULARITÉS, DÉSACCORDS

  • L’indépendance des grades symboliques (1e-3e) et des hauts grades (4e-33e) n’a pas toujours été aussi clairement établie qu’à l’heure actuelle, notamment en France et en Belgique, lorsque les loges symboliques pratiquent le Rite écossais ancien et accepté dès le premier degré. De nos jours, les rituels de certains hauts grades mentionnent encore l’existence de « prérogatives » datant de leur origine, donc antérieures à la constitution du Rite Écossais Ancien et Accepté.
  • Le nom même du REAA a parfois légèrement varié, certains auteurs ainsi que la Juridiction Nord des États-Unis utilisant parfois l’expression « Ancient Accepted Scottish Rite » (sans le and), traduite en français par « Rite Ecossais Ancien Accepté » avec l’idée d’une « ancienne acceptation » du rite.

Dans de nombreuses juridictions, il existe également des particularités, généralement minimes, mais parfois plus importantes. Elles concernent principalement les degrés qui sont réellement pratiqués, les autres degrés sont transmis « par communication », suivant l’usage fréquent du xviii siècle, c’est-à-dire sans que le rituel du degré ne soit réellement pratiqué.

  • En Angleterre
    • Le rite s’appelle généralement « Rite ancien et accepté » (sans l’adjectif « écossais »). Il impose la pratique de la foi chrétienne (« must profess the Trinitarian Christian faith »). On le pratique seulement au 18e degré. Le 30e est réservé aux anciens présidents de chapitres. Les degrés au-delà du 30e ne sont conférés qu’à un très petit nombre de personnes. On compte 27 000 membres du Suprême Conseil sur les 400 000 membres de la Grande Loge Unie d’Angleterre
    • Le Rite Écossais Ancien et Accepté est également pratiqué du 1e au 33e degré par le Droit Humain du Royaume-Uni et du 1e degré au 3e degré par la loge masculine « The White Swan, No 1348″ de la Grande Loge de France à Londres ainsi que par la loge mixte « Marco Polo » de la Grande Loge d’Italie.
  • En Écosse, on pratique les 18e, 30e degrés. Au-delà, on procède comme en Angleterre.
  • En France et en Belgique, suivant les juridictions, on pratique et on initie généralement aux 4e, 9e, 12e, 13e, 14e, 15e, 17 e, 18e, 22e, 26e, 28e, 30e, 31e, 32e et 33e degrés. Dans certaines juridictions belges, on initie également aux 5e et 29e degrés. Des différences quant au nombre de grades pratiqués existent d’une juridiction et d’un pays à l’autre. En règle générale, les juridictions françaises pratiquent moins de degrés d’aréopage que les juridictions belges et privilégient les degrés chapitraux.
  • Aux États-Unis, la juridiction nord a réformé ses pratiques de manière assez notable en 2004 et en 2006: Le nom de 21 des 33 degrés, en particulier, a été changé. Par ailleurs, le système nord-américain est beaucoup plus rapide que dans d’autres pays, puisqu’il permet d’atteindre le 32e degré en très peu d’années alors qu’en Europe et en Amérique du Sud une telle progression requiert une pratique assidue de plus d’une vingtaine d’années. Pour cette raison, plusieurs juridictions européennes et sud-américaines ne reconnaissent pas automatiquement les hauts grades reçus par leurs membres à l’occasion d’un séjour aux États-Unis.

LE RITE FRANÇAIS

e Rite Français, également appelé parfois Rite Moderne, est un Rite Maçonnique pratiqué sous différentes formes et par plusieurs Obédiences Françaises, Européennes et Latino-Américaines.

HISTOIRE

Le Rite français est intimement lié à la naissance de la franc-maçonnerie spéculative en général et de la maçonnerie continentale en France, en particulier. Les exilés britanniques apportent le rite des Modernes qui sera traduit, progressivement, en français. Mais si cette forme hybride ne connaît encore le nom de Rite Français, c’est bien pour se distinguer des systèmes dits des « anciens » que celui-ci se forme.

Afin d’assurer une franc-maçonnerie à dimension nationale, le Grand Orient de France (GODF) organise l’uniformisation des rites « modernes » hexagonaux dès 1783. En 1786, le modèle est fixé pour les trois premiers degrés en « loge bleue » qui connaissent une forte influence anglaise en distinction toujours des rites écossais. En 1801, un imprimeur peu scrupuleux diffuse le rite sous le titre : Le Régulateur du Maçon, fac-similé des cahiers officiels du G.O.D.F, qui eux étaient délivrés contre argent sonnant et trébuchant, et uniquement aux Loges de l’obédience qui en faisaient la demande par écrit.

Plusieurs réformes du rite vont être entreprises.

PRATIQUE DU RITE

Le système du Rite français est un régime en trois grades et quatre Ordres:

En « loge bleue » :

  • 1e : Apprenti
  • 2e : Compagnon
  • 3e : Maître

En « chapitre »:

  • Premier Ordre  : Élu secret
  • Deuxième Ordre  : Grand Élu écossais
  • Troisième Ordre  : Chevalier d’Orient
  • Quatrième Ordre  : Chevalier de l’Aigle, Parfait Maçon Libre sous le nom de Rose-Croix.(Au Grand Chapitre Général du G.O.D.F : Souverain Prince Rose-croix, Parfait Maçon libre, Grand commandeur du Temple.)

Il existe un cinquième Ordre, prévu dès l’origine du Rite. Non compris dans l’échelle des 7 degrés du Régime Français, le caractère non graduel, administratif et conservatoire de cet ordre est précisé dans les premiers statuts et règlements généraux du Grand Chapitre Général (1784). Cet Ordre propose dès l’origine, l’étude de tous les grades physiques et métaphysiques de tous les rituels maçonniques en vigueur.

Son rituel ultime (sur les 80 rituels qui sont soumis à l’étude des Maçons de cet Ordre) au Grand Chapitre Général du Grand Orient de France est celui de « Sublime Philosophe Inconnu », au Grand Chapitre Français celui de « Chevalier de l’Aigle Blanc » et au Sublime Conseil du Rite Moderne pour la France celui de « Chevalier de la Sagesse ».

AU SEIN DES OBÉDIENCES

Le Rite Français est pratiqué au sein de nombreuses obédiences maçonniques, dont le Grand Orient de France, où il est majoritaire à 80 % dans les trois premiers grades (Apprenti-Compagnon-Maître). On le trouve sous ses diverses dénominations et rituels au sein des obédiences dont le Rite Français (Groussier), le Rite Français moderne (Régulateur du maçon), le Rite Français rétabli, Rite Français traditionnel.

En 1973, le G.O.D.F a remis la patente du Rite Français à la Grande Loge féminine de France. L’obédience féminine a donc développé une version du rite français dans plusieurs styles. En 1999, le G.O.D.F a remis la patente des Ordres de Sagesse et en 2001 a été créé le Grand Chapitre Général Féminin de France.

Hors de France, le Rite français est diffusé en Belgique, au Luxembourg, aux Pays-Bas, en Suisse, en Espagne, au Portugal, au Brésil, en Equateur, en Roumanie, en Bulgarie, en Italie. Il existe de manière plus minoritaire dans d’autres pays, surtout ceux dans lesquels le Grand Orient de France a implanté des loges.

RITE FRANÇAIS MODERNE

Ce rite en 7 degrés a été constitué le 24 Décembre 1772, proclamé le 9 Mars 1773, mis au point par le Grand Chapitre général (1783), puis reconnu définitivement en 1786. C’est le rite du « Régulateur du Maçon» de 1801 (version imprimé de la codification par le G.O.D.F établit de 1783 à 1786) Il est le rite du G.O.D.F, jusqu’en 1862 ou il s’éteint supplanté par le R.E.A.A et son système de hauts grades d’une part et par la « reforme Murat » d’autre part.

Il sera réactivé au sein du G.O.D.F en 1979 par l’allumage des feux de la loge « Esclarmonde » (0800) à Cabriès en Provence (13) dans la périphérie d’Aix en Provence.

Il est également présent à la Grande Loge nationale française depuis 1979. Les Frères Maîtres au Rite Français peuvent intégrer les Ordres de Sagesse du Grand Chapitre des Grades de Sagesse.

Le Rite français moderne est en fait le plus fidèle à celui de la Grande Loge de Londres, rite fondateur de la franc-maçonnerie spéculative. Il perpétue notamment quelques fondamentaux, dont la position des colonnes J et B, la disposition des chandeliers autour du tapis de loge, les batteries en 2 coups brefs et un plus long, l’entame du pied droit, le port de l’épée,etc…, toutes choses que la Grande Loge des « Anciens », changea, par la suite. Il emprunte également quelques éléments à l’hermétisme ( Chambre de réflexion, purification…) et à la chevalerie ( serment sur l’honneur) au détriment de la tradition opérative.

RITE FRANÇAIS (GROUSSIER)

Le Rite français (Groussier) est souvent considéré comme le rite maçonnique le plus « laïc ». Il est le rite référent et administratif du Grand Orient de France.

RITE FRANÇAIS RÉTABLI

Le Rite français rétabli (ou Rite français traditionnel) est une variante de la famille des rites français.

Ce « nouveau » rite traditionnel s’inspire en particulier

  • du Régulateur du Maçon de 1801.
  • du Rite Écossais Ancien Accepté (R.E.A.A.).

Il cherche à dégager le Rite français originel dit « des modernes », des évolutions qu’il a connues au cours des XIXe et XXe siècle, en particulier au sein du Grand Orient de France.

Son caractère composite fait qu’il en existe de nombreuses versions suivant les obédiences voire les loges.

RITE FRANÇAIS DE TRADITION

Le Rite français de Tradition (parfois désigné comme « Rite franco-belge ») est une variante de la famille des rites français. Héritier des rituels « français » publiés par le GODF en 1786, il est passé à Louvain dans les Flandres sous l’Empire (Loge « La Constance », composée alors en majorité d’officiers français et de Belges francophones) ce qui lui a valu parfois le surnom de « Rite franco-belge ». Par la suite, ce rite est revenu du royaume de Belgique en France, transmis par la loge régulière « La Constance » (Orient de Louvain) à la loge de Saint-Jean « La Parfaite Union en Cévennes » (Orient du Vigan) qui l’a transmis à son tour à plusieurs autres loges françaises.

Le Rite français de Tradition se caractérise notamment par la prééminence de la Beauté dans la trilogie Sagesse, Force et Beauté et par la sobriété de ses décors.

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