Au sujet des dragons ...

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Au sujet des dragons ...

Messagede olivier le Ven Juil 11, 2008 9:31 pm

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DRAGON (n.m., du latin Draco) : Monstre fabuleux représenté avec des ailes et la queue d'un serpent.
Dictionnaire Larousse


Le dragon est une figure mythologique importante dans de nombreuses civilisations. Dès 5000 ans avant JC le dragon est mentionné dans des textes Sumériens, on le retrouve ensuite en chine et en Mésopotamie 2000 ans avant JC, puis peu avant l’ère chrétienne en inde. Par la suite il reste une figure très présente dans les mythologies et légendes occidentales, notamment Celtes et Grecques. On peut donc estimer l’age du dragon à 7000 ans.

Histoire et caractéristiques


Symbolique

Pour la plupart des civilisations orientales de l’antiquité le dragon est un symbole fortement maléfique. Pour les Babyloniens, la déesse Tiamat est un dragon commandant des hordes de serpents et de monstres, après sa destruction par Marduk le monde a été créé à partir de sa dépouille.

Pour les Egyptiens, Apopis est le dieu-dragon des ténèbres, battu chaque matin par Ré pour ramener le soleil sur le monde.

Dans la Mythologie Grecque le dragon est souvent le gardien d’un trésor ou d’une captive, il est aussi représenté comme un monstre dévorant les gens. Par exemple Ladon veillant sur les pommes d’or du jardin des Hespérides et Persée tuant un dragon pour libérer Andromède.

Chez les Indiens, Indra, roi des cieux, tue Vitra le dragon pour libérer la pluie.

Les seules exceptions sont les cultures Chinoise et Japonaise ou le dragon est symbole de sagesse et représente la spiritualité. Il est la réunion des principes antagonistes de l’univers (le ying et le yang). Dans la fête du nouvel an chinois le dragon repousse les mauvais esprits pendant la nouvelle année.

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Dans les civilisations occidentales le dragon a une symbolique variable.

Pour les chrétiens le dragon est une créature du diable synonyme de destruction, comme dans l’apocalypse, ou un symbole païen. L’Archange Saint Michel terrassant le dragon représente la victoire de la foi sur le mal. Plus tard il est utilisé dans les processions religieuses pour représenter l’hérésie vaincue par l’Eglise.

Pour les peuples scandinaves le dragon est une représentation de la force, Siegfried acquiert l’invincibilité en tuant le dragon Fafnir et en se couvrant de son sang. Pour inspirer la peur à leurs ennemis les Vickings ornaient la proue de leurs bateaux de sculptures de dragons. La Mythologie scandinave mentionne aussi un dragon céleste enroulé autour de la terre : le Midgardorm.
Dans la mythologie Celte le dragon est représenté comme le plus terrible adversaire qui puisse être affronté, ainsi quasiment tous les chevaliers de la table ronde en ont tué un au cours de leur quête du graal, Arthur en tuant même plusieurs.

Au moyen âge, l’Héraldisme (science du blason et des armoiries) empreinte fréquemment l’image du dragon pour symboliser la force et la puissance. Cette symbolique est héritée des emblèmes des peuples Germains et Romains du début de l’ère chrétienne.

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Réprésentation
Il est assez difficile de se figurer comment les Sumériens et les Babyloniens représentaient le dragon. La plus ancienne représentation connue de ces civilisations est celle de Sirrush, le dragon de la porte d’Ishtar dont la création est estimée à 600 avant JC. Le dragon y apparaît comme une créature a quatre pattes de forme canine et couvertes d’écailles. Néanmoins cette représentation semble être en contradiction avec la conception de l'Enuma Elisha, ou l’apparence de Tiamat est vraisemblablement celle d’un serpent gigantesque.


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(La diversité et les grandes contradictions dans les sources que j’ai consultées sur le sujet ne me permettent malheureusement pas d’être ni plus affirmatif, ni plus précis.)


Les premières identifications claires de la morphologie du dragon sont celles des Aztèques, des chinois et des japonais.

Pour les Aztèques, le dragon est la réunion du serpent et de l’oiseau, Quetzalcoatl le serpent à plumes.

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Pour les Aztèques, le dragon est la réunion du serpent et de l’oiseau, Quetzalcoatl le serpent à plumes.

Les dragons chinois et japonais ont sensiblement le même aspect, la seule différence notable entre les deux représentations est le nombre de griffes : celles du dragon Japonais sont au nombre de trois alors que le Chinois en possède quatre pour les espèces ordinaires et cinq pour le dragon impérial.

La description la plus précise de l’apparence du dragon chinois a été faite par Wang Fu peu avant l’ère chrétienne. Le dragon est la réunion de toutes les espèces animales de la terre. Il a le corps, du serpent, les écailles de la carpe, la tête du chameau, les cornes du cerf, les yeux du lièvre, les oreilles du taureau, le cou de l’iguane, le ventre de la grenouille, les pattes du tigre et les serres de l’aigle. Une crinière de lion orne son cou, son menton et les articulations de ses pattes. Il possède aussi des cornes pareilles a des andouillers de chaque coté de la bouche et de longs favoris sur le museau.

Le dragon oriental peut être de couleurs différentes, les plus courantes étant le rouge, le bleu, le noir, le blanc et le jaune. Il est souvent représenté avec une perle dans la gueule ou dans les griffes dont il semble tirer son pouvoir et par laquelle il montre son caractère divin.

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Les premières représentations du dragon au moyen orient sont celles d’Ouroboros, le dragon qui se mord la queue, en Egypte aux environs de 1600 avant JC. Cette représentation a ensuite été reprise par les Phéniciens, puis les Grecs qui lui ont donné ce nom. Ce symbole se retrouve aussi dans la culture Celte, ainsi que la mythologie Scandinave, Jormundgangr entoure sous terre les racines d'Yggdrasil, le frêne qui supporte la voûte céleste.

En Occident le dragon prend tout d’abord la forme d’un serpent géant. Il n’y a aucune mention claire du dragon dans le texte original de la Volsunga Saga, il y est fait mention d’un serpent monstrueux par ses proportions et non par sa morphologie. Il semblerait que ce soit la chrétienté qui ait importé d’orient la notion de dragon, puisque dans l’adaptation chrétienne de la mythologie païenne d’Europe du nord, le chant des Niebelungen, Siegfried combat un dragon et non plus un serpent géant.

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A partir des débuts de l’ère chrétienne le dragon prend de nombreuses formes très variées sans qu’il soit possible d’en situer précisément les origines temporelles et/ou géographiques.
Dans un texte saxon du sixième siècle Beowulf affronte un dragon, décrit comme un serpent ailé et crachant du feu. Il s’agit vraisemblablement de la première apparition du dragon tel qu’il est représenté en Héroïc Fantasy.

Cette représentation est une construction occidentale faite à partir de la forme orientale, associée aux mythes moyens orientaux.

Dès lors le dragon occidental aura toujours une morphologie relativement stable, sauf en ce qui concerne sa taille. Celle-ci pouvant aller d’un gigantisme tel que l’ombre du dragon peut recouvrir toute une ville, à la taille d’une libellule (en anglais libellule se dit dragonfly).

Une autre caractéristique importante du dragon « Héroïc Fantasy » apparue a cette époque et la diversité de son caractère et de son attitude vis-à-vis des humains. Du statut de monstre représentant le mal absolu dans l’ancien testament, le dragon devient le symbole des rois de Bretagne, quand Uther, à partir d’une prédiction de merlin fait réaliser, deux dragons d’or pour en déposer un dans la cathédrale de Winchester et conserver l’autre au combat. C’est a partir de ce moment la qu’on le nomma Uther Pendragon (tête de dragon en langue bretonne). Par la suite son fils merlin conservera le dragon comme symbole. A l’heure actuelle le dragon est toujours le symbole du Pays de Galle.

Voilà donc pour cette première partie du dossier sur les dragons consacrée à retracer une histoire, la plus juste et la plus représentative possible du mythe du dragon. Celle-ci ne se veut pas exhaustive et encore moins parfaite, j’espère néanmoins qu’elle vous permettra, si besoin est, de mieux comprendre le mythe.

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Anatomie et psychologie
Le dragon est assurément une figure incontournable de l’Héroïc Fantasy, au même titre que les elfes, nains et autres orcs. La prétention de ce dossier n’est pas de décrire toutes les manifestations du dragon dans tous les univers HF ou il apparaît (le sujet est bien trop vaste) mais de faire une synthèse de l’essentiel de ce qu’il faut savoir sur le sujet.
Anatomie
Anatomiquement, comme historiquement, il existe deux grands types de dragons : le dragon oriental et le dragon occidental. Le dragon oriental étant quasi-inexistant en HF, je traiterai uniquement du dragon occidental. Pour simplifier le sujet, je ne tiendrais pas compte des quantités de variations qui peuvent être rencontrées, anatomiquement le dragon décrit ici possédera donc deux paires de pattes et une paire d’aile. Le but de ce dossier n’est pas de parler de cryptozoologie, donc je n’entrerai pas dans les détails de la physiologie et autres mécanismes supposés permettre aux dragons de cracher le feux ou autres choses.
Il existe néanmoins des sites et des ouvrages traitant de ce sujet cités en fin de dossier.

Bien que l’aspect extérieur du dragon (notamment la présence d’écailles) fasse au premier abord penser aux reptiles, une étude un peu plus poussée montre que le dragon tient plus du félin. En effet à l’exception de la gueule, le dragon ne peut pas être assimilé au crocodile par exemple. L’étude de la morphologie du dragon montre que le squelette et la répartition des muscles est très proche du félin, avec comme chez celui-ci une majorité des muscles concentrée sur la poitrine. Le fait est bien sur amplifié par la présence des muscles nécessaires aux battements des ailes. Les pattes ont la forme de celles d’un félin mais leur extrémité est très proche de celle d’un aigle par exemple, elles sont munies de griffes pointées vers l’avant.
Les ailes du dragons sont semblables a celles d’une chauve-souris, elles sont donc dotées d’une alaire (sorte de doigt non relié a la membrane de l’aile) terminée par une griffe.
La gueule du dragon est quant à elle d’une forme plus proche de celle des canidés, en y ajoutant bien sur la grande quantité de crocs, la présence éventuelle de cornes et autres crêtes.

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La peau du dragon est entièrement recouverte d’écailles, que l’on prétend plus solides que l’acier. Celles-ci sont parfaitement ajustées sur la totalité du corps et suivent tous les mouvements, ce qui participe en grande partie à la réputation de quasi-invulnérabilité du dragon. La forme des écailles varie selon la partie du corps qu’elles recouvrent. Les plus grandes écailles se retrouvent sur le cou, la queue, le dos, les pattes et la poitrine du dragon. Ces écailles sont disposées à la façon des tuiles et se recouvrent en grande partie, ce qui renforce la résistance de l’ensemble. Les autres parties du corps sont couvertes par des écailles plus petites, fixées à la peau par leur centre et disposées de façon jointive. Un dragon ne mue jamais, il ne perd donc jamais ni peau ni écailles, en tout cas pas naturellement. Les écailles grandissent et se renouvellent tout au long de la vie du dragon, si une de celles-ci vient à tomber une nouvelle pousse pour prendre sa place.

Une autre caractéristique du dragon le rapprochant des réptiles est son mode de reproduction. Sans entrer dans les détails on note toutefois que les dragons pondent des œufs et n’allaitent pas leurs enfants.
Les seules particularités anatomiques du dragon qui ne peuvent être reliées directement à une autre espèce animale courante sont la queue et le cou, qui semblent être le seul véritable héritage morphologique venant du serpent. En effet l’étude anatomique du dragon montre qu’il est impossible de le considérer comme un serpent muni de pattes et d’ailes. Il apparaît par contre clairement que si l’anatomie du dragon occidental est sensiblement différente de celle du dragon oriental, elle relève dans les deux cas de la réunion de particularités d’espèces animales différentes.

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Croissance
Très peu d’auteurs de HF ayant pris la peine de détailler tous les aspects de la vie du dragons, la plupart des informations citées ici sont issues des JDR et principalement, cela va de soit, de Donjons et Dragons à travers le « draconomicon ».

A quelques rares exceptions près, il est couramment admis que le dragon est d’une taille considérable. Il semble que le dragon ne cesse de grandir tout au long de sa vie. Ainsi un dragon adulte atteint dans la plupart de ses représentations une taille avoisinant les dix mètres. Mais un dragon très ancien peut largement dépasser cette taille.
A sa sortie de l’œuf un dragonnet mesure environ de 50 à 90 cm. Le développement physique et intellectuel pour arriver à maturité prend environ une cinquantaine d’années. C’est dans cette période que le dragon s’installe dans son antre. A ce stade le dragon est déjà d’une grande puissance et ses capacités intellectuelles dépassent de loin celles d’un humain ordinaire. Le dragon atteint l’age adulte vers 400 ans. Passé cet age le dragon continue de croître mais sa résistance, ses capacités intellectuelles et sa puissance physique sont déjà considérables et correspondent aux standards habituels.
L’espérance de vie des dragons varie selon les représentations mais elle est de toutes façons très longue (dans certains cas il est même décrit comme étant immortel). Couramment celle-ci ce compte en siècles et on estime que le potentiel maximum d’un dragon est atteint aux alentours de 1200 ans.
Il est difficile de savoir avec certitude quel est l’age moyen auquel un dragon décède de mort naturelle car ceux-ci vivent souvent en reclus et ils ont tendances à exagérer leur age. De plus il est évident qu’un dragon vieillissant est la source de bien des convoitises et les morts naturelles peuvent donc aisément être considérés comme minoritaires. Il existe néanmoins un grand nombre de spéculations sur le sujet, comme par exemple l’existence de cimetières de dragons. Certains univers (les royaumes oubliés notamment) font mention de dracoliches qui peuvent alors exister pendant plusieurs millénaires et devenir des créatures d’une puissance à peine croyable.

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Psychologie
Comme pour le reste la psychologie du dragon dépend fortement de l’univers dans lequel il évolue. Il existe cependant des traits psychologiques quasi-universels. En règle général le dragon souffre d’un très gros complexe de supériorité et se considère souvent comme la forme de vie la plus parfaite qui se puisse concevoir. Le dragon est considéré comme une créature très intelligente et doté d’un esprit puissant. Néanmoins dans quasiment toutes les descriptions le plus gros point faible du dragon est son arrogance qui est à la mesure du reste, c'est-à-dire très imposante. Les exemples de dragons mis en échec car ayant cédé à la flatterie sont très nombreux. Une autre tendance très répandue chez les dragons est l’avarice associée à l’accumulation de trésors matériels et/ou ésotériques.
Pour le reste, la psychologie du dragon est elle aussi variable. Parfois le dragon est représenté comme une créature absolument mauvaise cherchant systématiquement à nuire ou au contraire comme une créature sociable, voire domestiquée. Dans certains cas l’attitude du dragon dépend de sa race, ainsi dans l’univers de AD&D les dragons métalliques (or, argent, etc…) sont des créatures pacifiques et raisonnables (selon les standards draconniens) alors que les dragons chromatiques (noirs, rouges, etc…) sont des êtres d’une malveillance rare et très agressifs.

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Capacités particulières

La principale particularité du dragon est tellement connue et évidente que je ne m’attarderai pas dessus, il s’agit de la capacité à cracher du feu (ou selon les cas de la glace, de l’acide, etc…), ce qui représente son arme la plus dévastatrice dont il est souvent dit qu’elle permet aux dragons de raser des villes entières. Le souffle du dragon est souvent décrit comme étant d’une puissance à laquelle rien où presque ne peut résister. Il est aussi considéré comme une valeur étalon du potentiel de destruction d’une arme ou d’un sortilège ainsi que comme la flamme ayant servie à forger des armes légendaires. Il existe plusieurs théorie sur les origines de cette aptitude mais la n’est pas le propos de ce dossier (certains des ouvrages et sites cités en fin de dossier y font cependant référence).
En outres il est selon les cas attribué au dragon une grande quantité de capacités hors du commun. Les sens du dragon, et en particulier sa vue, sont hyper développés, la réunion de toutes ces facultés sensorielles aboutie généralement à une sorte de sixième sens qui lui permet de détecter aisément les éventuelles intrusions dans son antre (il n’a jamais été écrit que pénétrer l’antre d’un dragon soit simple et sans danger). Malgré sa masse imposante le dragon peut se déplacer parfaitement silencieusement ce qui en fait un prédateur redoutable et redouté.
Une autre capacité particulière et très répandue est la terreur qu’inspire la présence du dragon à toutes les autres espèces. Elle a souvent été décrite comme une panique absolue paralysant de peur même les plus braves et les empêchant de réagir à l’approche d’un dragon.

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Conclusions

On peut constater que malgré certaines spécificités propres à l’auteur où a l’univers mentionnant le dragon il reste un grand nombre de caractéristiques communes. Il est indéniable que le dragon est une créature d’une grande puissance aux pouvoirs impressionnants et que dans tout les cas il est un des adversaires ou alliés les plus puissant qu’il se puisse imaginer. Partout ou il en est fait mention de combat contre un dragon celui-ci est forcement titanesque et très périlleux même pour les plus grands héros de l’HF.
Annexes
Concernant les dragons en général : Le draconomicon, extension officielle des règles de AD&D traitant exclusivement des dragons, superbement illustrée par Tod Lockwood (une grande partie des images de cette partie de dossier en sont tirées). Certainement le livre le plus précis concernant tout ce qui est relatif au dragon, y compris les règles permettant d’intégrer au mieux des dragons dans vos parties de JDR.

Concernant la cryptozoologie : http://dragonsdelegende.free.fr, un site traitant exclusivement de l’étude des dragons. Le contenu est un peu farfelu à mon goût mais il y a néanmoins des choses intéressantes notamment concernant la cryptozoologie du dragon.
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Messagede NetBurn le Sam Juil 12, 2008 10:35 am

Je n'ai pas tout le temps lire maintenant mais je m'intéresse beaucoup à tout ce qui tourne autour des dragons et des dragons eux même.

Donc je prendrais le temps de le lire en revenant de vacances c'est sur.


Merci pour toutes ces infos !

Mais effectivement il y a des livres vraiment très bien illustrés et bien construit concernant les dragons.


+1! parceque j'adore et que tu t'es donné du ma pour tout ça
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Merciii
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Messagede olivier le Sam Juil 12, 2008 10:53 am

Merci !
Pas de problème, j'alimenterai à l'avenir ce topic, si tu es fan de dragons, j'ai un ebook en PDF du livrel officiel de Donjons et dragons "Le draconomicon" qu'il faut avoir lu et parcouru si tu es amateur; en fait, il est assurément orienté dragons de type occidentaux/nordiques/médiévals : c'est une référence?
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Messagede magdalena le Dim Juil 20, 2008 12:46 am

j'ai adorer cette lecture ^^, mais les dragon ont il vraiment exister? j'avais vu un documentaire il y a quelques années à propos de chercheurs qui avait trouver le premier squelette d'un dragon, ils en avait fait son histoire et l'histoire de cette époque, ils avaient montrer des indices du comment ils avaient trouver que c'était bien la carcasse d'un dragon, je me met à croire qu'il existe toujorus des dragons, si ils peuvent vivre aussi longtemps, peut être y a t'il des endroit sur terre que l'on à pas encore découvert qui s'est?

oui je sais je susi une rêveuse +1!
blonde et alors? ça vous dérange? bêbête? et alors? au moins je fais rire.
Mieux vaut rire que pleurer la grimace est plus belle!
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Messagede NetBurn le Lun Juil 21, 2008 4:26 pm

Je l'avais vu ce documentaire aussi... mais bon...
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Merciii
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Messagede olivier le Lun Juil 21, 2008 6:48 pm

C'est bien beau de rêver et tu as raison ...
Je crois que ton film s'appelle Dragon's World et qu'il s'agit d'un film réalisé comme un documentaire sauf que .... c'est pure fiction ^^

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Le Monde secret des Dragons repousse encore plus loin les limites du fameux docu-fiction, décidément à la mode, reportage aux budget pharaonique englouti majoritairement à des effets spéciaux globalement réussis. Comme une réponse à l'excellente série Sur La terre des dinosaures qui reproduisait les événements anecdotiques de certains animaux préhistoriques sur des bases scientifiques réelles, celui qui nous intéresse aujourd'hui poursuit le même aiguillage sur le reptile imaginaire, en confrontant une saga familiale de monstres ayant vécus à travers les ages à l'enquête d'un paléontologue. Une bonne idée en soit, d'autant plus que les explications "techniques" tiennent la route (histoire de poches de gaz rendant l'animal plus léger et lui faisant cracher des flammes), mais qui ne pose malheureusement aucune frontière à l'éventuelle crédulité du spectateur.

En effet, malgré quelques aspects romancés inutiles, l'ensemble reste passionnant mais demeure surtout inventé de A à Z. Nous content de perdre en route toute la magie des "oh" et des "ah" suscités par les dinosaures, l'auteur du programme se prend pour un historien qui cherche, lors des deux dernières minutes, des éléments de réalités dans les différentes cultures du globe pour essayer de donner un sens au programme, au-delà du simple divertissement. Vaine tentative qui nous laisse sensiblement croire que nous sommes pris pour des idiots, et qui n'avait vraiment pas besoin de cela, puisque dans son plus simple aspect Le Monde secret des Dragons demeure un docufiction sympathique. Et c'est ce dernier aspect que l'on retiendra.

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Messagede magdalena le Lun Juil 21, 2008 6:52 pm

ben la....tu viens de me retirer mon rêve ^^ méchant puni
blonde et alors? ça vous dérange? bêbête? et alors? au moins je fais rire.
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Messagede olivier le Lun Juil 21, 2008 6:54 pm

magdalena a écrit:ben la....tu viens de me retirer mon rêve ^^ méchant puni


Mais non ... au contraire, rêves-y puisque çà n'existe pas :grin:
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Messagede magdalena le Lun Juil 21, 2008 6:56 pm

mais moi je VEUX que ça existe, je pourrais prendre un petit bébé et faire des calinours tous pleins, aller le promener, et quand il grandira====>ATTAQUE médor ^^
blonde et alors? ça vous dérange? bêbête? et alors? au moins je fais rire.
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Messagede NetBurn le Mar Juil 22, 2008 1:22 am

mdr !!!!
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Merciii
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Messagede olivier le Sam Aoû 02, 2008 2:02 am

... Quelques considérations sur le mythe du dragon.

Animal fabuleux qui figure dans la mythologie et dans les légendes populaires de presque tous les pays, le dragon est l'une des créatures mythiques les plus connues et les plus mystérieuses qu'il soit données de voir dans une mythologie. Il est le plus souvent figuré sous l'aspect d'un serpent ailé, avec une tête monstrueuse. Il est recouvert d'écailles, souvent vertes, armé de griffes et de dents aiguës, d'un dard menaçant, et vomit des flammes par la bouche. Dans l'Antiquité et au Moyen Âge, le dragon joue un rôle important dans les légendes héroïques. Citons chez les Grecs les dragons de la Colchide, celui du jardin des Hespérides, ceux de la fontaine de Castalie, le monstre que tua Persée, et, au Moyen Âge, les dragons tués par le chevalier Gozon et le chevalier de Belzunce, et ceux qui figurent dans l'Arioste. La victoire sur un dragon est d'ailleurs l'exploit qui couronne la vie de maints héros légendaires du Moyen Âge: le roi Arthur, Lancelot, Tristan, Siegfried, saint Georges, saint Marcel (qui vint à bout de celui de Paris), etc. On trouve aussi des exploits de ce genre dans la mythologie scandinave et chez les peuples asiatiques, notamment dans les légendes annamites et chinoises. Le dragon figure même dans le Nouveau Testament (Apocalypse), où il symbolise la puissance de Satan; on le retrouve dans l'iconographie de saint Michel.
La Chimère est une variante du thème du dragon. C'est un monstre fabuleux de la mythologie classique, à tête de lion, corps de chèvre et queue de dragon. Elle fut tuée par Bellérophon, monté sur Pégase. La tarasque est un monstre légendaire qui désolait la Provence: elle était amphibie, avec une tête de lion, six pattes, et une queue de serpent; son souffle répandait une odeur pestilentielle. Elle fut maîtrisée par sainte Marthe. La légende de la tarasque s'est perpétuée à Tarascon, ville qui lui doit son nom, par la fête de la Tarasque, au cours de laquelle une reproduction du monstre est portée par douze hommes.
Les légendes de dragons ne semblent guère avoir été inspirées par les grands reptiles ou par les restes de dinosaures, qui étaient d'ailleurs, jadis, mal interprétés. Les dragons sont plutôt les incarnations des forces obscures de la nature ou de calamités naturelles: volcans dans le cas de la Chimère, crues du Rhône dans celui de la tarasque. Il est à noter que le dragon qui est très généralement présenté comme un symbole du Mal, est au contraire considéré comme bienfaisant dans la culture chinoise où il incarne le yang, principe mâle du cosmos.

D'ailleurs, il est fait mention du dragon dans les mythologies primordiales, il y a plus de 5000 ans avant notre ère, où il est déjà un serpent énorme et doté d'un grand esprit. Il est un dieu, à l'origine même du monde. La mythologie assyro-babylonienne nous présente le dragon sous cette forme. L’eau est l’élément primordial, et c’est de la fusion de l’eau douce (Apsou) et de l’eau salée (Tiamat), incarnés par deux dragons que naissent tous les êtres et les dieux qui suivent. Ainsi les premières divinités qu’ils engendrent sont Lahmou et Iahamou, qui eux-mêmes engendreront les principes mâle (céleste) et femelle (terrestre) qui donneront vie à de grands dieux puis à l'humanité.
Dans la continuité de la cosmogonie assyrienne, Apsou se plaignit que les nouveaux dieux, plus perfectionnés et habiles, prissent le pouvoir, et complota avec son épouse Tiamat pour éliminer leur descendance. Les deux dragons primordiaux furent assassinés l’un après l’autre en combat singulier, et le corps de Tiamat la sorcière découpé en deux moitiés : l’une fit la voûte du ciel, et l’autre le monde terrestre.
Curieusement, dans de nombreux récits de la création du monde, les dragons occupent une place essentielle dans la formation de la cosmogonie, et de ce qui devient la Terre. Bien avant la vision terrible qu’en présentent les Livres saints de notre cosmogonie contemporaine (celle des religions les plus récentes, le Judaïsme, l’Islam et la Chrétienté, qui ont des racines identiques), l’image d’un tentateur ou d’un monstre dangereux ennemi des hommes, le dragon a été vu comme une créature puissante et respectable, symbole mystique d’une union entre le Ciel et la Terre.

Pour certains, les dragons était le nom donné à la race supérieure des Atlantes, ces hommes que Platon décrivait comme antérieurs à l’homme de la Terre et dotés par les dieux d’un pouvoir surhumain ainsi que d’une grande science. En héraldique, le dragon est un emblème noble à rapprocher de la bravoure ; et n’oublions que, bien qu’il soit la créature à abattre par excellence, la rencontre du héros avec le dragon détermine ne sort de celui-ci dans l’aventure et sa quête de gloire ! Quant aux Hindous, ils parlent des Nagas, ces êtres féériques qui se parent d’écailles et de plumes d’oiseau, et dont le chant merveilleux emplit les cœurs d’amour et de tristesse… Selon les Aztèques encore, les dieux frères Tezcatlipoca et Quetzalcoatl s’affrontent sans cesse pour la domination du monde. Le premier est un jaguar, dieu guerrier et avide de sacrifices ; l’autre est un serpent à plume, sage, pacifique et avisé.

On peut trouver maintes explications à la fascination des hommes de toutes les époques et de toutes les religions pour cet animal fantastique. Assurément, l’aspect du serpent, à la fois lisse et froid, glissant comme sur de l’eau et sinueux comme un mensonge, a inspiré nombre de conteurs ; sa morsure parfois mortelle a dû impressionner plus d’un homme, pour faire entre tous de cet animal le symbole du péché. Cette métaphore aisée, qui le compare d’ailleurs à une femme, n’est pas si éloignée de la conception d’un dragon bénéfique et conseiller, tel qu’il est vu dans la philosophie chinoise notamment. De nombreuses légendes rapportent des transformations de femmes en serpents, et de serpents en femmes ; il y eu des Mélusine et des vouivres dans toutes les civilisations. Cela étant sans doute lié à l'apparence ambiguë du serpent : un animal terrien mais qui se déplace sans membres, qui peut se faire amphibie à l’occasion et dont le sillon sablonneux ressemble à s’y méprendre au sillage tracé dans l’eau. Nul doute que c’est le serpent qui a inspiré cette vision fabuleuse d’un être monstrueux associé à la puissance et à la peur. En dépit de ces origines communes, le dragon diffère d’aspect selon les mythologies. Il est terrestre selon le folklore amérindien, sans doute apparenté au varan puisqu’il se déplace au sol et dévore le gibier ; aquatique et ophidien pour les légendes marines ; aquatique et aérien d’après les mythes asiatiques, qui le munissent d’ailes et lui font parfois cracher le feu ; aérien et terrestre en Europe où il crache souvent le feu, manifestant un caractère des plus belliqueux.

Le mythe du dragon en soi est si complexe, et soumis à tant de conjectures qu'il ne sera pas étudié complètement ici. Ce qui serait de toute façon impossible en quelques pages, et c'est pourquoi seules les mythologies chinoise et scandinaves seront étudiées, elles qui ont engendré presque toutes les autres en Orient et dans le Septentrion. En effet, de la culture indo-européenne ont découlé les principales civilisations antiques, dont ces cosmogonies légendaires présentent beaucoup de caractéristiques. Il sera laissé à la volonté et au goût du lecteur de s'orienter vers des études et des récits par exemple grecs, égyptiens ou d'Europe de l'Ouest (l'histoire médiévale recelant de nombreuses légendes et interprétations à ce sujet, principalement bibliques) après lecture de ce site. Rendez-vous directement à l'article de votre choix gâce au sommaire suivant...



Figure du dragon dans la mythologie chinoise
Une croyance profonde

En 1894, le gouverneur de la province de Moukden (aujourd’hui Shenyang, une ville de Mandchourie, au Nord-Est de la Chine – cette région a été le siège d’un conflit russo-japonais pour la possession de sa terre fertile) interdit formellement la mise en place d’un chantier pour la construction d’un chemin de fer : la tradition locale voulait qu’un dragon dormît couché sous la terre à cet endroit précis, et les trains qui y viendraient à passer pourraient lui briser la colonne vertébrale…
Les dragons ont toujours occupé, dans la cosmogonie chinoise, une place prépondérante. Loin d’être considérés comme des créatures malfaisante à l’esprit sournois et belliqueux, inféodées aux puissances du Mal. Au contraire, les dragons chinoise ont souvent maille à partir avec les hommes, qu’ils observent du haut du Ciel où ils vivent nombreux, avec une grande bienfaisance et à qui ils n’hésitent pas à prêter leur soutient et réconfort. Si les dragons sont bel et bien des animaux (encore qu’il ne faille pas les considérer ainsi) dont la puissance majestueuse a de quoi effrayer, ils ont dans l’ordre divin une fonction très importante de bienfaiteurs et de médiateurs. Bons ou mauvais, tous ont une utilité dans l’une ou l’autre des innombrables légendes qui en font des héros, de précieux auxiliaires ou des adversaires redoutables à la mesure de guerriers prestigieux. Et bien que certains dragons aient un caractère un peu vif et une fâcheuse tendance à brûler tout sur leur passage, la majorité d’entre eux, toutes races confondues, a pour tâche principale de venir en aide aux humains.
Un symbole important

Si certains dragons chinois provoquent des éclipses en poursuivant sans trêve le Soleil ou la Lune, rappelant qu’il arrive toujours à un serpent de se mordre la queue (n’oublions pas que la queue de Draco, le serpent-dragon de la constellation éponyme est formée des deux nœuds de la Lune…), d’autres soufflent sur les nuages pour provoquer l’ouragan. On raconte même qu’un dragon serait à l’origine du jour et de la nuit : ouvrant les yeux pour apercevoir la lumière, et les fermant pour la chasser.
Tous les dragons chinois entretiennent un lien très fort avec la Nature dont ils sont issus. Malgré leur apparence terrible, ces êtres sont avant tout dépeints comme aquatiques, étant chargé de faire du haut des cieux sur les récoltes. Il est souvent dit impossible à un dragon de cette sorte de vivre sans se nourrir d’eau, alors que le dragon occidental la craint, lui préférant le feu et la ruine. Or, celui d’Asie, et principalement de Chine, est une entité créatrice et inspiratrice, qui aime l’art, le travail et la beauté. Ce n’est pas un hasard si les " mauvais " dragons ont tendance à ravir de belles jeunes filles innocentes et pleines de mérite ! D’autre part, de nombreuses légendes relatent une amitié solide ou du moins une cordiale entente entre un homme et un dragon qui l’aide dans ses entreprises. La plus célèbre des paraboles chinoises à ce sujet raconte comment Yu, empereur de Chine en 2205 avant J.C. (cet empereur a vraiment existé !) reçut l’aide d’un dragon volant, qui l’aida à abattre une montagne afin de faire s’écouler des eaux dans la vallée après une inondation. Il est intéressant de constater par ailleurs que lesdits travaux furent bel et bien effectués, et le caractère admirable, car titanesque et prodigieux de l’entreprise n’a certainement pas manqué d’interpeller les conteurs de l’époque.
Nombreux donc sont ces récits où l’on évoque des dragons amicaux et désireux d’aider les hommes sans rien attendre en retour. Il est vrai que la cosmogonie confucéenne décrit le dragon comme un fonctionnaire (les Chinois voyaient les Enfers, correspondant à notre paradis – avec des degrés divers, comme dans la mythologie grecque – comme un gigantesque bureau où travaillaient des démons d’apparence animale) qui a pour rôle assigné de veiller sur les eaux de la Terre, océans, fleuves, et rivières en général. Il y a par exemple un Roi-dragon sous la mer, qui a beaucoup de filles et presque autant de gendres, dont on compte souvent les exploits ; mais il y a également des dragons au Ciel, où vit l’empereur céleste personnifié par un dragon doré. Il ne faut pas oublier qu’en Chine, on appelle l’empereur " dragon " ou " fils du dragon " et que son emblème est précisément cet animal. Lui-seul peut faire broder neuf dragons sur sa robe ; les généraux en arborent un plus petit nombre selon leur fonction. Et le trône de l’empereur est celui du dragon. On dit par ailleurs que les dragons ne se manifestent que pendant le règne d’un bon empereur. Ce caractère noble du dragon tient principalement en la symbolique de celui-ci, vivante preuve d’une union entre les cieux et la Terre. A la fois céleste, car il vole et vit dans les nuages, terrestre, car il aime descendre ou monter sur Terre pour s’y promener, parfois déguisé en humain, et aquatique, puisqu’il est associé à l’eau, à l’orage et aux crues, le dragon est également le résultat d’un équilibre entre le corps et l’esprit, le physique et le spirituel. Tout comme les créatures fabuleuse que l’on trouve dans diverses mythologies, et qui sont composées de différentes parties d’animaux dissemblables, le dragon possède un corps ambigu, en même temps serpentin, félin, marin, et un esprit sagace qui le rapproche des vénérables philosophes. Confucius ne disait-il pas que Lao-Tseu, son presque contemporain, était la personnification même du dragon ?
Un être composite

Reste à décrire l’animal. Comment en effet donner une image assez précise d’une créature que chaque légende adopte et modifie ? Etant l’un des animaux fondamentaux de l’astrologie chinoise (qui fonctionne selon un système très codifié associant les éléments naturels aux points cardinaux, à des couleurs et des saisons) il est au centre de nombreuses adaptations du mythe, et la littérature classique a puisé abondamment dans l’iconographie naturelle pour les développer. Efforçons-nous néanmoins de donner une idée de ce que doit être un dragon chinois.
En premier lieu, il est bon de savoir que le dragon naît des souffles joints de son père et de sa mère. Les œufs, nacrés et multicolores, sont laissés au bord de rivières. A son éclosion (et cela quelques mille ans après) il lui reste à changer peu à peu d’apparence. Il est couramment dit qu’il y a quatre espèces principales de dragons chinois. Les dragons sans cornes sont appelés Tch’eu-lung ; les dragons à écailles, plus nobles, sont les Kiao-Lung ; les dragons cornus se nomment K’ieou-lung et les dragons ailés, qui sont les plus puissants d’entre tous, sont appelés Ying-long et vivent dans le ciel. Ces transformations représentent la croissance du dragon, qui acquiert un à un ses attributs : pattes griffues, moustaches tournoyantes, cornes pointues qui lui donnent le sens de l’ouïe, puis, longtemps après, des ailes. Les dragons marins sont eux comparés à des poissons, et leur origine remonte aux Nâga de la mythologie hindoue (il s’agit d’un mot sanskrit), ces serpents à tête d’homme vivant sous la terre et liés à l’eau, ou parés d’un plumage radieux (d’ailleurs, les Nâga-oiseaux sont source de nombreuses légendes où de belles serpentes prennent l’apparence de femmes superbe au chant féérique, qui n’hésitent pas à aimer de puissants mortels).
Un traité de médecine datant du XVI° siècle donne une description assez complète du dragon : la créature possède " la tête d’un chameau, des bois de cerf, des yeux de lièvre, des oreilles de bœuf, un cou de serpent, un ventre de crabe, des écailles de carpes, des griffes d’aigle et des pattes de tigre " ! La description se poursuit et l’auteur d’ajouter que le dragon possède en tout quatre-vingt et une écailles, disposées neuf par neuf, car neuf est le chiffre de la chance. On voit ici pourquoi l’empereur de Chine seul arborait neuf dragons sur sa robe d’apparat. Enfin, l’on nous dit que sur sa gorge, les écailles sont à l’envers et hérissées de pointes. Précisons ici que les dragons japonais, semblables à leurs cousins chinois, sont plus sobres, davantage reptiliens (et un peu plus avides de chair fraîche) et dotés de serres à trois griffes, quand le dragon chinois en porte quatre ou cinq.
Un pilier de la philosophie mystique

En astrologie chinoise, le dragon (et donc surtout le Ying-long, le dragon céleste) est associé au bois et au printemps (le feu est l’élément du phénix, l’eau celui de la tortue) ainsi qu’à l’Est et la couleur verte. Cela n’est pas inconcevable lorsqu’on sait que le dragon provient du Yang, principe de lumière et de naissance, et veille sur la pluie bénéfique aux récoltes : il symbolise le renouveau éternel des saisons. Lorsqu’un éclat de tonnerre, déclenché à coup sûr par quelque combat céleste, engendre la pluie, y est vue la vie à naître de la végétation et de la fertilité. Il fait alors partie du Yin. D’ailleurs, étant dépendant de la pluie la plupart du temps, le dragon hiberne au fond des eaux à la saison sèche depuis l’équinoxe d’automne, et ne retourne au ciel qu’à l’équinoxe de printemps. Ciel où sa silhouette se dessine, sous forme d’étoiles… A ce sujet, une jolie histoire rapporte qu’un jour, le dieu du ciel (l’empereur céleste Tien Li) ayant décidé de détruire le monde par un déluge, son premier fils, Yu (le premier des dragons, dont le nom a probablement inspiré celui de l’empereur…), dieu attaché aux hommes, le supplia de mettre fin aux pluies, et se vit accorder la grâce des humains. Il entreprit de reconstruire la Terre, aidé d’une tortue qui creusait le cours de rivières avec lui. Alors justement qu’il formait le lit de la Rivière Jaune, il se heurta d’une falaise qu’il dût briser d’un coup de queue. On dit qu’à chaque fois qu’un poisson réussit à franchir cette passe désormais consacrée aux dragons d’un seul coup, il devient dragon à son tour et s’en va vivre dans les nuages… Toutefois s'il saute trop haut, la pluie ne tombe pas et c'est la saison sèche.
On affirme que les dragons possèdent une perle dans la gorge. Cette perle est le symbole de la parole précieuse, celle qui enseigne et profère la sagesse, l’ordre et l’autorité : une parole noble, une parole impériale. Mao avait coutume de dire qu’on " ne discute pas la perle du dragon " : c’était s’attribuer les caractéristiques méritoires de cet animal très considéré, sage et plein d'autorité, dont la seule évocation portait bonheur.
Dragons et médecine chinoise

Porte-bonheur, le dragon l’est aussi, selon l’alchimie chinoise, de façon médicinale. Assez pragmatiquement, le dragon se consomme, dans des recettes si fantaisistes cependant qu’elles ne peuvent, elles aussi, qu’appartenir en partie à la légende.
L’on s’aperçoit par exemple que la langue de dragon confère intelligence et bel esprit ; que son cœur donne force et courage ; que ses os et que ses dents broyés apportent vigueur et santé. Les dents guérissent même de la folie ! Quant aux foie et cerveau, ils préservent de la dysenterie. Et enfin, le sang de dragon, prisé par les héros en tous genres, accorde l’invincibilité. Cela rappelle les légendes hindoues où les dragons produisent le soma, breuvage d’immortalité.




Figures principales du dragon dans la mythologie germano-scandinave
Avant-propos

La mythologie germanique est intensément foisonnante de mythes, de légendes et de prophéties assez sombres, et de croyances profondes qui ont engendré notre civilisation d’Occident sans que nous en soyons conscients, et est de nos jours pratiquement oubliée. Sa vision très noire du monde et des hommes, et sa grande lucidité sur leur devenir, a donné lieu à de très belles légendes et à des épopées fabuleuses à la fois sanglantes et poétiques. Il était naturel qu’on conférât au dragon-serpent une place aussi importante dans la cosmogonie nordique, lui qui symbolise si aisément l’union des contraires et la fascination de l’Inconnu. Evoquer toutes les apparitions et interprétations du mythe serait impossible à réaliser en si peu de pages ; surtout qu’à la différence du dragon chinois, élément essentiel de la tradition et de la pensée chinoise, le dragon scandinave est d’une part moins connu (même si les descendants des Vikings et des anciens Saxons vivent encore, les anciennes croyances germaniques ont presque complètement disparu, et très peu d’écrits demeurent) et d’autre part, il symbolise moins une entité d’esprit qu’une force maléfique.
Car le dragon des Vikings, celui qui ornait la proue des Drakkars partis à la conquête du Monde vaste, n’est pas un philosophe : c’est un monstre, au sens antique et contemporain du terme. Engendré par des créatures mauvaises ou par des éléments hostiles, il déploie sa grande force à faire le Mal et à nuire, encore plus qu’aux hommes, aux dieux qu’il contre sans cesse. En ce sens, il est bien plus proche de la conception chrétienne du reptile sournois et tentateur que de la vision très colorée et philosophique des Asiatiques ; mais il faut se rendre à l’évidence que nous devons à cette mythologie-là plutôt qu’à celle de Confucius. Pourtant, elle nous est à présent si obscure qu’on la connaît bien moins que sa sœur d’Asie. En raison de quoi, il s’avère nécessaire de rappeler quelques principes fondateurs de cette mythologie.

Il est impossible de connaître précisément la nature des croyances des anciens peuples germaniques. Développées bien avant l’ère chrétienne, elles nous ont été livrées par les historiens médiévaux qui les ont de beaucoup déformées, en raison surtout de leur paganisme évident. Et comme il y a excessivement peu de traces écrites de ces croyances, pratiquées par des peuples pour qui l’écriture n’en était encore qu’à ses débuts à leur origine, les seuls témoignages qui nous restent sont les sagas, ces fameux poèmes épiques vantant les exploits de héros prodigieux. Cet ensemble de croyances est en vérité double : d'une part la mythologie d'origine scandinave, très ancienne et qui a jeté les bases complexes des religions européennes, et la mythologie germanique d'autre part, adaptée de la première un peu comme les Romains adaptèrent les mythes grecs. les noms employés ici appartiennent à la dénomination scandinave, et leur graphie est francisée tout en restant le plus possible proche de la version originale, impossible à transcrire avec les caractères modernes. Les quelques mots qui vont suivre concernent les personnages principaux des sagas, présentés en contexte.
Pour ce que l’on en sait, la cosmogonie scandinave s’organise autour de dieux. Les principaux sont Odin, dieu de la guerre ainsi que de la sagesse, son épouse Frija, déesse du foyer, le dieu Thor au marteau terrible, qui protégeait le séjour des dieux (on ne peut s’empêcher d’évoquer Zeus, Héra et Héphaïstos) et Loki le fourbe, principe du Mal. Il y avait de nombreuses divinités secondaires dont beaucoup n’avaient pas grande importance et fonction les dieux constituaient à l’origine une confédération de deux tribus guerrières, les Ases (une douzaine de dieux, les plus puissants) et les Vanes. La plupart des grands héros ou monstres étaient des descendants des dieux, dont les célèbres Walkyries, femmes superbes qu’Odin choisissait pour envoyer en apparition au guerrier le jour de leur mort.
Présentation de la cosmogonie germanique

Car dans la mythologie scandinave, la mort est omniprésente ; on pourrait même dire qu’elle est la principale préoccupation de chacun et surtout des hommes, mortels bien évidemment, mais qui ne sont pas à l’abri d’acquérir l’immortalité par de hauts faits. Il est noble et glorieux par-dessus tout de mourir au combat, l’épée à la main et le cri de guerre à la bouche. Les Walkyries, guerrières casquées montées sur des chevaux aériens, survolaient les champs de bataille et portaient chance au plus valeureux des belligérants. Il n’était pas rare qu’elle emporte avec elle le plus beau des vainqueurs jusqu’au palais d’Odin où il festoierait, servi par elles, pour l’éternité.
L’éternité scandinave a une relative longueur : il est dit qu’au dernier jour du monde le Mal triomphera des dieux du Walhalla et qu’un feu gigantesque embrasera tout l’univers, ne laissant plus que le néant.
Nyddhog et l'arbre du monde

On raconte qu’au commencement du monde, n’existaient que deux entités. C’étaient Muspellheim, la région de feu que défendait un gardien gigantesque nommé Surt, et Nibelheim, la région de glace où rien ne subsistait. Entre les deux était l’abîme Ginnungagap, constitué du néant originel. Au centre de l’univers trône un arbre titanesque, le frêne universel : Yggdrasil, le cheval d’Ygg. Cet arbre primordial domine les neuf mondes au-dessus desquels s’étend sa ramure épaisse et immense ; ses trois racines plongent dans le sol à des endroits miraculeux : le séjour des dieux, d’abord, Idavoll, le domaine des Ases situé près du puits d’Urd où ils viennent chaque jour se divertir ; près du puits de Mime le sage, à Jotunheim ensuite, au pays des géants ; et la troisième enfin, est ancré au sol glacé de Nibelheim, dans la source de Hverggelmir au pays des brumes, là d’où surgirent des fleuves empoisonnés. De là, naît pour Yggrdrasil un véritable supplice : car chaque jour, sa racine est rongée par le serpent Niddhog, celui qui se nourrit des morts et qui chaque fois qu’il en a une indigestion rogne la racine par le dessous pour s’en remettre.
Yggdrasil est le symbole germain de la mort et de la renaissance éternels, et du cycle des saisons. Il meurt et ressuscite perpétuellement, tandis que ses racines restent ancrées au sol et sa ramure accrochée au ciel, formant l’union entre ces deux univers. Niddhog, lui, " celui qui frappe haineusement " est le symbole du Mal tel qu’il est vraiment : lent, latent, sournois et patient, impossible à abattre et insidieux. Lors du Ragnarök, le Crépuscule des Dieux, c’est-à-dire la fin du monde, il lui est promis de ne pas mourir. On comprend pourquoi l’Occident médiéval a si bien adopté la vision du Mal sous la forme d’un serpent, lorsque les pires crimes de ses ancêtres sont commis par des vers monstrueux.
Jormungand, serpent cosmique

Le responsable de sa naissance est Loki, le plus vil de tous les Ases, le beau Loki, surnommé le " détracteur des dieux " et manifesté comme génie de l’air et du feu, ainsi que du désordre et de l’insatisfaction. Marié à la fidèle Sygn, dont il a déjà un fils, il la trompe cependant avec la géante Angerboda qui lui donne trois enfants : ce sont des monstres. Il y a Hel, la déesse des Enfers, Fenrir, l’horrible loup ennemi des dieux (celui qui brisera ses chaînes à la fin du monde et qui se retournera contre eux) et Jormungand le serpent. Celui-ci vit dans le Midgard, le monde du milieu. On le représente parfois se mordant la queue, comme l’Ouroboros des alchimistes ; il est si grand qu’il encercle le monde. En vérité, il se mord bien la queue : et cela pour maintenir son équilibre avec celui du monde, qu’il enserre en ses anneaux. Lorsqu’il venait de naître, Odin l’avait jeté à la mer, mais il avait grandi tant et tant qu’il finit par faire le tour de la Terre. Trois fois, Thor, le dieu au marteau, le rencontre, et trois fois, il se jure de l’abattre. Les deux premières furent un échec ; la troisième aura lieu à la fin des temps, et il a été prédit que Thor vaincra enfin Jormungand, mais que le venin du serpent l’empoisonnera.
Fafner le parricide, ou la genèse des Nibelungen

S’il est bien un dragon célèbre entre tous dans la mythologie nordique, il s’agit de Fafner, ou Fafnir, un humain changé en dragon par vilenie. Cette histoire est celle de Sigurd, le héros tueur de dragon rendu célèbre par la tétralogie de Wagner (c’est la légende de l’anneau des Nibelungen, les Nains sous la montagne, qui inspira Tolkien pour son fameux roman) sous le nom de Siegfried. Cette histoire raconte qu’il y avait jadis un fermier riche du nom de Hreidmar, très versé dans les arts occultes, qui avait trois fils : Otter, Fafner et Regin. Otter avait le pouvoir de se changer en loutre, et un jour qu’il s’était métamorphosé il fut tué, par erreur, par les dieux. Hreidmar entra alors dans une colère noire, et exigea qu’on paie une compensation en or pour la mort de son fils. Il voulait qu’on remplît d’or la dépouille, et qu’on l’en couvrît. Les dieux obtempérèrent, mais l’or qui fut donné avait été dérobé au nain Alberich, lequel jura malheur à quiconque s’emparerait du trésor. Au milieu de ce trésor se trouvait un anneau d’or, superbe et ordinaire, qui avait le pouvoir de corrompre ; Hreidmar fut immédiatement séduit et s’en saisit. La cupidité le prit, et il refusa de partager l’or entre ses fils restant. Fafner et Regin complotèrent alors pour faire main basse sur le trésor, mais Fafner doubla son frère en assassinant son père, et se métamorphosa en dragon, gagnant le plateau de Gnitaheid où il s’installa, veillant jalousement sur son or jusqu’à la venue du héros Siegfried, guidé par un mystérieux inconnu qui n’était autre que Odin déguisé. Fafner n’abandonnant son trésor que pour un temps très court, le temps d’aller boire à la rivière ; aussi le héros se dissimula-t-il parmi des branchages, attendit-il et perça-t-il le ventre vulnérable du dragon de son épée tranchante. Portant la main à ses lèvres, il goûta le sang du dragon et s’aperçut bientôt qu’il pouvait entendre le chant des oiseaux ; puis il se saisit du trésor, ignorant qu’il était maudit. Il est probable que ce récit mythique ait donné naissance au thème récurrent du dragon gardien de trésor, en même temps qu’il livre une réflexion symbolique sur l’avidité et le caractère vain de celle-ci.
Ambiguïtés de l'apparence reptilienne

Que l’on soit bien clair : parler de dragon alors que tous les dragons du Walhalla semblent être des serpents n’est pas fortuit. La vision scandinave du dragon est tout à fait différente de celle, colorée et optimiste, des orientaux. Il ne faut pas oublier qu’un dragon est avant tout une créature écailleuse et de bonne taille, souvent pourvue de griffes et d’intentions douteuses. La plupart du temps, la comparaison s’arrête là entre le dragon d’Orient et le dragon occidental hérité des mythes germaniques et celtiques et plus directement du monde médiéval. Si le dragon est bien une créature ailée crachant le feu, c’est que le " dieu " des Enfers chrétien règne sur un monde brûlant et sulfureux, et que l’une de ses incarnations se doit de posséder tous les attributs de sa charge. Or, si le feu n’est pas une si bonne chose pour les Germains, il reste néanmoins source de chaleur, donc de vie, et de puissance – un rôle guerrier rempli par Thor par exemple et par Odin. Tous les dragons illustres présentés ici sont donc des serpents, ou plutôt un mélange surprenant entre le serpent et le ver : le ver, c’est ainsi qu’on appelle volontiers le dragon dans les épopées saxonnes et notamment la plus célèbre d’entre elles, Beowulf, où un héros attaque ce qui se révèle être un énorme serpent noir et venimeux. Dans les récits celtes en revanche, le dragon n’est que reptilien.
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